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"Tudo bem" pour Casino
Fin
stratège, Jean-Charles Naouri peut se targuer d’avoir mis son ambition
débordante au service de la construction d’un fleuron international de la
distribution, et il ne s’en cache pas. « Le groupe a quasiment doublé de
taille en cinq ans et le groupe va poursuivre sa stratégie qui favorise les
pays et les formats porteurs ». Car l’année 2013 aura été un véritable
tournant dans l’histoire du groupe, avec la prise de contrôle de GPA au Brésil
et de Monoprix en France, deux coups de force qui ont entraîné leur lot de
drames, mais ont à chaque fois été emportés par Naouri.
Cela impacte
directement les résultats du groupe en 2013, dont le chiffre d’affaires grimpe
de 15,9%, dont 5,7% en organique, à 48,6 milliards d’euros. Cela est lié à la
progression des ventes à nombre de magasins constants et à la vigueur de l’international,
qui a gagné 11,9% en organique l’an passé et représente désormais 60% des
ventes, contre 56% en 2012. Jean-Charles Naouri et ses équipes se sont attelés
à reproduire au Brésil, en Colombie, au Vietnam et en Thaïlande notamment, la
stratégie gagnante : développer des enseignes locales, des formats
discount et premium pour segmenter l’offre au maximum.
Cela porte
également ses fruits au niveau de la rentabilité puisque l’international
connaît une croissance explosive de 22,7% en organique en 2013 et représente
maintenant près des trois quarts du résultat opérationnel du groupe. Si les
investisseurs manifestent des doutes sur les émergents et leur profil de
croissance, Naouri n’en a cure. Poussé par le programme de soutien à la
consommation et bien sûr l’organisation de la Coupe du Monde au Brésil, Casino
prévoit d’y investir à nouveau plus de 600 millions d’euros cette année.
Certes, la
situation n’est pas aussi réjouissante en France, même si l’intégration de
Monoprix promet de booster les chiffres du groupe dans l’Hexagone. En 2013, les
ventes sont en repli organique de 2,9%, alors que Monoprix affiche une hausse
de 1,4%. Casino arrive enfin au bout du processus de repositionnement tarifaire
de Leader Price pour en faire l’acteur le moins cher du marché, et est parvenu
à revenir à un trafic positif et à des volumes en hausse sur les hypermarchés
Géant et les supermarchés Casino. Mais le véritable défi est désormais de
parvenir à inverser la tendance et engranger une croissance organique positive
en France. C’est le pari que le groupe veut relever cette année, en s’appuyant
sur une consommation française à nouveau dans le vert au dernier trimestre 2013
(+0,8%).
Mais après
avoir été particulièrement gourmand ces dernières années, Casino doit aussi surveiller
l’évolution de sa structure financière, et ce fut l’objet des deux placements
obligataires de 600 millions d’euros l’an passé. Noté BBB-, à un cran de la
catégorie spéculative, le groupe a réussi à boucler l’année 2013 avec une dette
financière nette stable, à 5,4 milliards d’euros, et à un ratio de dette nette sur Ebitda
abaissé de 1,91 à 1,62 fois. Une rigueur financière couplée à une ambition
stratégique pour 2014 que les investisseurs ont applaudi ce matin, puisque le titre
progresse de 4,7% à 82 euros.
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