Vivendi : le démantèlement se complique
L'Autorité de la concurrence ne veut pas d'un rapprochement entre SFR et Free. Or les prix proposés pour Maroc Télécom sont inférieurs au cours de bourse et il n'y a pas d'acheteur pour GVT !
L'année 2013 sera-t-elle pour Vivendi celle d'une "sortie par le haut" ou au contraire celle d'une vente par appartements à des prix cassés ? La question est ouverte. Mais elle intrigue non seulement tous les banquiers d'affaires de la Place, qui voient dans ce dossier l'une des rares occasions du moment de toucher des fees, mais aussi tous les investisseurs auxquels Jean-René Fourtou a promis une remontée du cours de bourse.
Il reste que les choses débutent mal pour le principal actif, SFR. Puisque selon les informations de BFM Business, non démenties, l'Autorité de la concurrence que préside Bruno Lasserre, alertée par un projet de rapprochement entre Free et SFR, aurait décidé de bloquer l'opération, prétextant que le nouvel ensemble aurait une part de marché de 50 % dans la téléphonie fixe.
Et il n'y a pas que cela, car si Maroc Télécom ne manque pas de prétendants, qu'ils soient qatari, français (France Télécom) ou franchement exotiques, les acheteurs potentiels font tous des propositions sur la base d'un prix inférieur à la capitalisation boursière. Tant le marché de la téléphonie mobile s'est dégradé en valeur depuis l'arrivée d'un troisième opérateur. Du coté de GVT, la pépite brésilienne du groupe, qui intéressait un moment Telecom Italia, la situation n'est guère plus favorable. Car à ce jour, il n'y aurait plus d'acheteur au prix souhaité par Vivendi.
Pourtant, dans l'entourage de Jean-René Fourtou, on promet des annonces stratégiques pour les semaines à venir, voire même pour les jours prochains. Si le schéma SFR-Free tombe à l'eau, alors il se pourrait bien que Carlyle revienne à la charge sur le deuxième opérateur français. De manière à reconsidérer un rapprochement avec Numericable, dont Bolloré ne veut pas entendre parler en raison de l'endettement du câblo-opérateur.
Une chose est certaine: par tous les signes quelques fois discordants qui parviennent, le marché a désormais bien compris que Vivendi voulait sortir le plus vite possible du marché - voire des marchés - des télécommunications. C'est un choix comme un autre, mais qui n'est pas encore plébiscité par les investisseurs.
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17/09/2021 - 10:31

