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Etats-Unis : Donald Trump va-t-il causer à nouveau un "shutdown"?
Une fois de plus, Donald Trump a démontré que pas une semaine ne passe sans que ses paroles ou ses tweets ne créent une violente polémique. Mardi, il a harangué la foule réunie pour un meeting dans l’Arizona, et leur a promis qu’il construirait le fameux mur avec le Mexique, auquel les républicains sont d’ailleurs opposés, même si cela devait conduire à un « shutdown » fédéral. Deux jours plus tard, le Président américain – qui avait jusqu’à présent très peu abordé le sujet - s’est saisi de la question cruciale du plafond de la dette américaine, qui doit être à nouveau relevé fin septembre. Dans un tweet, il a reproché à Mitch McConnell et Paul Ryan, les deux responsables républicains au Congrès, de ne pas avoir intégré le relèvement de ce seuil dans une loi destinée à étendre la couverture médicale des vétérans de l’armée américaine. Un texte dont il a signé directement le décret ce mercredi. « Nous avons un gros problème avec les démocrates qui (comme d’habitude) retardent l’approbation du plafond de la dette. Cela aurait pu être si facile, maintenant c’est le bazar ! », s’est-il exclamé.
Comme à son habitude, Donald Trump refait l’histoire car ce sont les républicains qui avaient au départ suggéré de lier ce texte de loi à ce vote indispensable pour financer les intérêts sur la dette américaine, les salaires des fonctionnaires ou encore les bénéficiaires de programmes fédéraux comme la Sécurité Sociale. Mais les législateurs ont été ensuite fort occupés à défendre la réforme de l’Obamacare, qui a finalement échoué, et n’ont pu s’atteler au relèvement du plafond de la dette avant la trêve estivale. Certains républicains souhaitent doubler ce vote impopulaire dans leurs bases avec un texte, afin d’obtenir l’aval dans leurs camps. Mais les démocrates, dont l’aval est nécessaire pour ce vote, devraient s’opposer à cela et réclamer un relèvement pur et simple du plafond de la dette.
L’enjeu est immense pour les républicains, pour qui un « shutdown » risquerait de compromettre leurs chances de garder une majorité à la Chambre des Républicains lors des élections de mi-mandat l’an prochain. Du côté des marchés, un tel scénario rappelle le précédent de 2011, où le S&P 500 avait chuté de 17% en deux semaines. Déjà, les investisseurs semblent s’alarmer de cette probabilité et tentent d’évaluer le prix d’un nouveau blocage budgétaire des institutions : le rendement des Treasuries à maturité octobre 2017 est supérieur de 0,2 point à celui de novembre, un non-sens financier qui ne s’explique que par l’échéance du plafond de la dette en octobre.
Le principal risque est que l’échéance de ce vote technique corresponde à celui sur le budget, ce qui risque de créer des amalgames et des luttes politiques extérieures au seul enjeu de la dette fédérale. Surtout, le caractère imprévisible du Président apporte un degré d’incertitude et de risque supplémentaires à cet exercice de diplomatie politique. Paul Ryan, le porte-parole républicain de la Chambre, a affirmé jeudi qu’il n’était « pas inquiet » à l’idée de faire passer ce vote à temps. Mais son pair au Sénat , Mitch Mc Connell, a été ardemment attaqué par Donald Trump le jour même sur Twitter, affirmant : « le seul problème que j’ai, c’est qu’après avoir parlé de rejeter et remplacer (l’Obamacare, ndlr) pendant 7 ans, il a échoué ! Cela n’aurait jamais dû arriver!». Le problème est qu’il pourrait être lui-même l’artisan du prochain grand échec républicain au Congrès – voire de sa propre présidence.
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