Tikehau deviendra grand
Crédit Mutuel-Arkéa a pris 15% du fonds spécialisé dans la dette européenne. Un sujet d'actualité qui saura lui attirer la clientèle des particuliers.
Avoir le nom d'une île de Tahiti peut aider pour vendre du rêve à ses investisseurs. Pour autant, Crédit Mutuel-Arkéa ne s'est pas fait prier très longtemps pour décider de prendre un ticket de 15% au capital de Tikehau Investment Management, qui pourra monter jusqu'à 34%. Car ce fonds, spécialisé sur le segment de la dette européenne, peut compter sur l'effervescence récente de ce marché.
Lancé début 2007, Tikehau IM a eu la bonne intuition d'anticiper que le crédit serait l'enjeu majeur de demain. Il s'est ainsi focalisé sur les produits qui ont véritablement explosé lors de la crise de la dette bancaire: les titres de dette d'entreprises européennes - dont celles sous LBO, offrant une belle décote -, les obligations - qui ont été le recours essentiel des sociétés en mal de financement -, la mezzanine...etc.
Mais en tant que petite structure dotée de 2 millions d'euros de capital, difficile de sortir de la clientèle des family offices et des fortunés, même si le créneau choisi est judicieux. C'est pourquoi s'associer avec un groupe bancaire comme Crédit Mutuel-Arkéa était, pour le fonds emmené par Bruno de Pampelonne, le meilleur moyen d'accéder au réseau d'un institutionnel bien implanté, de s'ouvrir au marché retail et de s'offrir une belle soupape de croissance. Car les particuliers sont de plus en plus demandeurs de produits autrefois réservés à un cercle financier restreint.
Tikehau a déjà su par le passé s'adosser aux décideurs qui comptent. Mi-2006, l'homme d'affaires belge Albert Frère avait pris 50% de Tikehau Capital Advisors, la maison-mère de TIM et de Tikehau Capital Partners, investisseur en equity, et ils avaient investi ensemble dans le traiteur Flo.
Aujourd'hui, Tikehau a donc la possibilité de prêcher la bonne parole auprès des mastodontes financiers. Il dispose d'une longueur d'avance dans certains sujets:il est un des rares acteurs à avoir reçu l'autorisation, en mars 2009, de commercialiser un Fonds Commun de Titrisation (FCT), lui permettant de racheter des dettes bancaires à un prix décoté, mais aussi des OPCVM contractuels. Son fonds obligataire a quant à lui tiré parti de l'emballement des émissions depuis 18 mois. Ces arguments laissent augurer une belle croissance à TIM, qui gère 370 millions d'euros. C'est encore 10 fois inférieur aux enveloppes dont peuvent disposer certains de ses homologues britanniques.
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17/09/2021 - 10:31

