Presse américaine : "La France confrontée au principe de réalité"
Le rapport de la Cour des comptes a permis au président français de se frotter enfin à la réalité des chiffres, selon les médias américains. Mais les mesures adoptées lors du sommet ne sont que des "pansements" insuffisants.
La presse américaine s'attarde longuement ce matin sur le rapport de la Cour des comptes, avec une pointe d'ironie parfois. "Welcome to reality, Mr Hollande," démarre le Washington Post. "Les conclusions de l'audit, globalement en ligne avec les prévisions des économistes, donnent à réfléchir pour un homme qui a accédé au pouvoir en décriant la réduction budgétaire, accusée de peser trop lourdement sur les pays d'Europe aux prises avec un endettement élevé." Cela fait des mois que les économistes "ont mis en garde l'opinion publique qu'une économie chancelante creusait un trou béant dans les recettes publiques, écrit Real Clear Politics, mais Hollande a maintenu la question largement sous le boisseau, jusqu'à ce qu'il remporte la présidence, puis la majorité aux législatives. Il risque de fâcher, et pour longtemps, le public mais aussi ses alliés de gauche et les syndicats pour atteindre les 40 milliards d'économies afin de revenir à 3% de déficit."
Après seulement deux mois de présidence, "le chef d'Etat français doit faire face à son premier vrai test à l'encontre de son engagement en faveur de la croissance, alors que ce rapport stipule clairement que la France est dans une zone de danger," écrit CNBC. "Il va bien falloir qu'il utilise le 'A-Word' (le gros mot qui commence par un A, à savoir austérité, ndlr)", s'amuse Time Magazine dans un très long article titré : "Austérité : la gauche française dit que c'est que pour les riches." "La douleur générée par l'assainissement des finances publiques doit être assumée par les français les plus riches," aurait confié en substance le président français, alors en campagne, au journal américain.
Une situation économique délicate "enfin reconnue par le Premier ministre aujourd'hui dans son discours de politique générale, puisqu'il a spécifié que les finances étaient bien plus mal en point que les estimations", explique le Wall Street Journal, "tout en promettant de tout faire pour réduire le déficit."
Plus largement, les medias américains reviennent ce matin sur l'état de l'Europe. "Les attentes étaient élevées la semaine dernière lors du sommet européen, dans l'espoir que l'on trouve une solution à la crise", décrypte l'un des blogs du Wall Street Journal. "Ce qui était fort peu probable, tout le monde en conviendra. En fait, nous devons être clairs sur ce qui sépare l'Union Européenne du reste du monde : le problème auquel elle est confrontée, c'est que les pays individuellement et la BCE ne sont pas disposés à faire marcher la planche à billet avec insouciance." Pour le magazine Fortune, qui revient longuement sur la crise de la zone euro : "les leaders européens continuent d'appliquer des pansements sur leurs blessures purulentes dans ce qui ressemble à un effort pour éviter de prendre les décisions difficiles pour sauver l'euro de l'oubli. Le 19 ème sommet d'urgence réuni depuis le début de la crise voilà deux ans s'est terminé sur une salve de mesures palliatives et des promesses bien fragiles."
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17/09/2021 - 10:31

