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La difficile succession des dirigeants

Pour le cabinet de chasseur de têtes, CTPartners, la succession d'Anne Lauvergeon est le contre-exemple d'une passation de flambeau réussie.
A l'exception de quelques cas très médiatisés, comme celui d'Anne Lauvergeon, la succession des dirigeants est un sujet tabou. Et les pratiques de nomination ne changent guère, affirme le cabinet de chasseurs de têtes CTPartners, qui plaide pour que les arrivées de nouveaux patrons soient davantage préparées. Alors qu'au sein du SBF 120, 30% des dirigeants ont plus de 60 ans, seules huit successions ont été officiellement prévues d'ici à 2012, dont Michelin et BNP Paribas. Dans bien des entreprises, comme chez Publicis, la relève n'a pas été vraiment mise sur les rails. Pourtant, la préparation des successions est essentielle, aux dires des membres du cabinet. A leurs yeux, le remplacement d'Anne Lauvergeon au bout de onze ans par Luc Oursel fait figure de contre exemple parfait de ce que doit être la passation de pouvoirs au sein des entreprises. Tous les membres du Comité exécutif ont demandé le maintien d'"atomic Anne"...à l'exception de son successeur. Et le processus de recrutement a été aussi ébruité que long. "Il a complètement déstabilisé l'entreprise", estime Sylvain Dhenin, vice-président du cabinet. On est loin de la tranquille passation de flambeau chez BNP Paribas où c'est tout naturellement que Baudoin Prot va remplacer Michel Pébereau à la présidence de la banque le 1er décembre prochain. Autre type de succession bien préparée, bien que totalement atypique, aux yeux des consultants, celle d'Yves Rocher. Il avait dû reprendre précipitamment les rennes de son entreprise après la mort accidentelle de son fils, Didier Rocher. Pendant cet intérim, l'industriel breton a préparé l'ascension de son petit fils, Bris Rocher, qui a pris les rennes du groupe à l'âge de 31 ans. C'est justement parce qu'un certain nombre de départs sont imprévus qu'il faut les préparer. Les divergences stratégiques représentent 20% des remplacement des dirigeants au sein du SBF 120, d'après le baromètre, les départs volontaires 15%, quand seulement 36% sont motivés par la retraite. En revanche, les profils des candidats retenus sont beaucoup moins imprévus. Près de 68% des heureux élus sont issus de la promotion interne. Même si la part des dirigeants recrutés en externe a nettement augmenté depuis la crise : elle est passée de 17% à 27% des remplacements de dirigeants entre 2008 et 2010 pour le SBF 120 (elle atteint même 75% dans le secteur de la santé). Le portrait-robot du dirigeant reste totalement attendu, c'est toujours un homme - jusqu'à la semaine dernière Anne Lauvergeon était la seule femme dirigeante du SBF 120 - qui a exercé une fonction de direction. Pas moins 65% des dirigeants sont issus de grandes écoles françaises. Au sein du CAC 40, 51% des patrons en place sont passés par les bancs d'HEC ou de Polytechnique ! Les promoteurs de la diversité ont encore du travail.
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