WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Heuliez: le FSI a clarifié son rôle

En n'apportant pas personnellement les 10 millions d'euros à l'équipementier automobile, le fonds s'est crédibilisé en tant que partenaire stratégique au service d'entreprises rentables.
Des décisions cohérentes ont enfin été prises dans le dossier Heuliez: le Tribunal de Commerce a validé la solide candidature d'un tandem industriel franco-allemand, contre la promesse d'un chèque de la part d'un obscur fonds malaisien. Mais le plus intéressant dans ce dénouement est que le FSI ne déboursera finalement pas un centime. Au lieu de l'enveloppe de 10 millions d'euros promise par le fonds souverain français au départ, c'est l'Etat qui mettra la main au portefeuille, via des aides au développement de véhicules électriques ou à la revitalisation industrielle. Si la somme vient en tout état de cause d'un acteur public, cette décision est symbolique, et le FSI confirme le rôle qui est le sien depuis le départ. Certes, Heuliez fait partie des "entreprises de taille moyenne présentes sur des secteurs en phase de mutation et susceptibles d'émerger comme acteur de référence", que le FSI s'est engagé à soutenir. Mais la feuille de route prévoit également qu'il investit dans "des projets rentables", dans l'industrie ou les services. Cela signifie que le fonds stratégique français a pour vocation de soutenir des entreprises évoluant dans des industries ou des services existants et essentiels pour la France, et qui soutiennent sa compétitivité. Dans le cas d'Heuliez, la solution finalement adoptée consiste en un dépeçage: les activités industrielles traditionnelles ont été reprises par un concurrent de l'Hexagone (BGI), tandis que la nouvelle activité de fabrication d'un véhicule électrique (la Mia), qui n'a pas encore été éprouvée et dont la production ne commencera qu'au deuxième semestre 2011, a été reprise par un trio allemand. Ces deux structures sortent donc du champ de compétences du FSI: pour la première, un fonds structurel comme le Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles est là pour soutenir une industrie en difficultés. Pour la seconde, il reviendra à Oséo de soutenir un projet innovant, "green" et porteur de croissance. En se retirant du dossier Heuliez, le FSI a donc su se sortir d'un terrain miné et sensible, instrumentalisé lors de la campagne des régionales puis tombé dans l'oubli jusqu'à la date du verdict. Et, qui plus est, qui ne relevait plus de ses attributions. Il ne manque désormais plus qu'un capitaine à la barre de ce navire bien orienté, qui va affronter un nouveau sujet sensible: le destin de CMA-CGM.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article