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La lettre de mission de Juncker au nouveau commissaire aux services financiers
Tous ont reçu leur lettre de mission. Le président de la Commission européenne désigné en juin dernier, Jean-Claude Juncker, a adressé aux commissaires nommés par ses soins une feuille de route, qui ont toutes pour point commun de décrire les nouvelles méthodes de travail souhaitées par leur patron, les deux grands principes qui régiront le prochain collège à savoir l’éthique et la transparence, mais aussi la nécessité de travailler en partenariat notamment avec le Parlement européen. Au-delà de ces bases partagées, Jean-Claude Juncker a également écrit noir sur blanc ce qu’il attendait de chacun. Voici ce qui a été demandé à Jonathan Hill, le nouveau commissaire à la stabilité financière, aux services financiers et à l’union des marchés de capitaux :
Si cela avait échappé au Britannique, dont certains craignent qu’il soit un ardent défenseur de la City, Jean-Claude Juncker lui rappelle bien qu’il sera supervisé par le vice-Président à l’euro et au dialogue social mais surtout par le vice-Président à l’emploi, à la croissance, à l’investissement et à la compétitivité. Concrètement, il aura à plancher avec ce dernier sur un paquet de mesures présenté dans les trois mois pour améliorer l’environnement pour l’investissement et des initiatives pour doper le financement de l’économie sur le long terme. « Ce qui inclut de chercher les moyens de relancer un marché de la titrisation de qualité de façon durable, de réduire le coût de levée du capital dans l’Union et de développer des alternatives à la dépendance de nos entreprises au financement bancaire ». Jusqu’ici rien de nouveau puisque ces chantiers reprennent les grands thèmes abordés sous la précédente commission. Toutefois, le patron de Bruxelles a le mérite de rappeler le besoin de développer à nouveau la titrisation, mais avec toutes les précautions nécessaires.
Parmi les sept autres points développés par le Luxembourgeois est mentionné le fonctionnement des trois grands superviseurs (Esma, EBA, Eiopa) et du Comité européen du risque systémique (ESRB), qui conviendra d’être révisé. Tout comme leur interaction avec les différents pans de l’union bancaire (mécanisme unique de supervision et mécanisme unique de résolution). Jonathan Hill aura notamment à charge de repenser le financement des trois agences, qui, a termes, devraient être entièrement pourvues par les secteurs supervisés, à savoir les marchés, les banques, les assureurs et les pensions professionnelles.
Les travaux ne manqueront pas pour le nouveau commissaire puisqu’il aura aussi le plaisir de veiller à la mise en œuvre des réformes de son prédécesseur. « Je veux bâtir sur l'important héritage de Michel Barnier pour s'assurer que nous disposions de marchés financiers stables et bien régulés », a d’ailleurs déclaré Jonathan Hill à la suite de sa nomination. Reste à savoir si le commissaire devra reprendre le texte de la précédente commission sur la séparation des activités bancaires.
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