La (longue) liste des conflits d'intérêt de Donald Trump
Jamais l’arrivée au pouvoir d’un président américain n’a posé autant de challenges éthiques que celle de Donald Trump, homme d’affaires impliqué dans une ramification d’entités immobilières, commerciales au sein des Etats-Unis, mais aussi ayant des contrats commerciaux avec de nombreux autres pays. D’autant qu’il n’a pas fait preuve de la plus grande transparence, dans la mesure où il a jusqu’à présent refusé de divulguer l’ensemble de ses déclarations fiscales.
Le futur président a d’ores et déjà annoncé qu’il allait confier la responsabilité de la Trump Organization, qui regroupe ses intérêts dans 30 biens immobiliers et commerciaux, à ses trois enfants, Ivanka, Donald Jr et Eric. Mais si la réglementation prévoit que le président peut se dégager de tout conflit d’intérêts en confiant ses entités à un « blind trust », celui-ci doit être dirigé par une personne ou un organisme totalement extérieur au président, et non des membres de sa famille. En outre, ces derniers ont également été nommés comme membres de son équipe de transition, premiers signes inquiétants d’un mélange des genres. Rudy Giuliani, ancien maire de New York et pressenti pour être nommé secrétaire d’Etat, a déjà défendu cette position, expliquant qu’il était déjà « énormément riche » et que « s’il avait voulu s’enrichir, il ne se serait pas présenté comme candidat à la présidence ».
Certes, le président et le vice-président ne sont pas soumis aux règles fédérales sur les conflits d’intérêt, qui imposent aux autres membres du gouvernement de se récuser s’ils sont impliqués, directement ou indirectement, dans une décision politique. Mais le croisement entre ses deux fonctions donne déjà lieu à des situations cocasses : le Trump International Hotel à Washington est exploité sur le lieu du Old Post Office Building, détenu par… le gouvernement fédéral via la General Services Administration. Si bien que Donald Trump sera amené à nommer le président de cette agence, tandis que ses enfants gèreront un hôtel locataire de l’emplacement. Autre exemple : il aura également la charge du National Labor Relations Board, qui a déjà pris deux décisions contre un de ses hôtels à Las Vegas. Sans compter les intérêts qu’il a avec des partenaires commerciaux liés à des gouvernements étrangers, ce qui est en principe proscrit par la loi.
Plus généralement, Donald Trump sera amené à décider de nominations liées à son activité : le prochain commissaire de l’IRS, dont le mandat arrive à expiration en novembre 2017, sachant qu’il est actuellement en plein audit et n’a voulu officialisé aucun document fiscal, une première pour un candidat depuis le président Ford, il y a plus de 40 ans. Si le futur président a indiqué à CBS qu’il dévoilerait sa déclaration fiscale « le moment venu », il a également souligné que cela importait peu aux citoyens, puisqu’il avait tout de même gagné l’élection. Il en est de même de la prochaine nomination du secrétaire d’Etat au Trésor, qui devra décider de l’orientation de la politique monétaire alors que Mr Trump bénéficie à plein des taux bas pour emprunter dans le cadre de ses opérations immobilières (ses quatre principaux biens immobiliers affichent chacun plus de 100 millions de dollars de dette). Cela ne l’a pas empêché d’attaquer ouvertement Janet Yellen, présidente de la Fed, l’accusant d’être elle-même trop politique.
L’empire financier tentaculaire de Donald Trump sera donc difficile à circonscrire, mais aussi celui de sa famille, directement impliquée dans ses affaires. D’autant que ses enfants n’ont pas l’intention de se priver d’une exposition médiatique aussi juteuse : lors de l’interview de Donald Trump et sa famille pour l’émission « 60 Minute » de CBS diffusée dimanche, Ivanka Trump a dévoilé un bracelet d’une valeur de plus de 10 000 dollars appartenant à sa propre marque de joaillerie
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