Les trois étoiles de Michelin
Le champion des pneumatiques réussit à augmenter son chiffre d'affaires et sa rentabilité, grâce à sa capacité à augmenter les prix et à sa bonne diversification sectorielle.
Bibendum peut bomber le torse. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 5,1% à 5,3 milliards d'euros au premier trimestre, malgré des volumes en baisse de 9,6%, Michelin se rit de la conjoncture.
Le groupe clermontois profite pleinement d'une stratégie basée sur le positionnement haut de gamme de ses produits et une excellente diversification sectorielle et géographique. L'automobile ne représente ainsi que 52% des ventes, les poids lourds 30% et les spécialités (génie civil, pneus miniers...) 18%.
Même s'il ne faut pas confondre les pneumatiques et la maroquinerie, Michelin dispose ainsi d'un vrai "pricing power". Malgré la chute de 8,9% des volumes dans l'automobile, le chiffre d'affaires a pu croître de 2,9%. Dans les poids lourds, il est stable en dépit d'une baisse de 16,3% des volumes. Et dans les spécialités, il s'envole de 23% grâce une hausse de 6,2% des volumes qui booste l'effet prix.
Son statut de leader et son positionnement haut de gamme avaient permis à Michelin d'augmenter fortement ses prix au 1er avril 2011. Et son mix lui permet aujourd'hui d'afficher une croissance convenable, bien que les achats d'anticipation des distributeurs au premier trimestre 2011 donnent une base de comparaison défavorable. De même, l'étendue de sa présence géographique permet de gommer l'impact négatif de sa place de numéro un sur les difficiles marchés français, italien et espagnol.
Même si l'effet prix diminuera sensiblement au quatrième trimestre, le groupe absorbera sans encombre le surcoût des matières premières, chiffré entre 300 et 350 millions d'euros cette année. Il devrait ainsi profiter d'un effet prix positif de 350 à 400 millions d'euros en 2012. De quoi améliorer sa marge et sa rentabilité opérationnelles.
Comme Michelin continue à investir fortement (1,9 milliard d'euros) dans le haut de gamme, le groupe dirigé par Michel Rollier, qui passera bientôt la main à Jean-Dominique Senard, peut voir l'avenir en rose. Malgré son rebond boursier actuel, il capitalise moins de sept fois les résultats attendus cette année et l'an prochain, et jouit d'une belle visibilité dans son secteur.
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17/09/2021 - 10:31

