Rémy Cointreau coulé par la Chine
La bonne tenue des Etats-Unis et de l'Europe et la croissance de la division liqueurs et spiritueux n'y font rien : Rémy Cointreau est fortement pénalisé par les difficultés rencontrées par son cognac sur le marché chinois.
L'anticipation n'empêche pas la déception, voilà la leçon à retenir des résultats du premier semestre de l'exercice décalé de Rémy Cointreau. La marque de spiritueux a publié ce matin un résultat opérationnel courant en repli de 6,2 %, à 132,7 millions d'euros, et un bénéfice net en chute de 20 %. La cause des déboires du groupe est connue depuis des mois déjà et elle se trouve à l'est, plus précisément en Chine.
La source de croissance s'est donc tarie, pis, elle plombe aujourd'hui Rémy Cointreau. Plusieurs forces sont à l'?uvre chez le géant asiatique, toutes contrecarrant les ventes locales de cognac. D'une part, les distributeurs sont toujours en phase de déstockage. D'autre part, le gouvernement stigmatise la consommation de produits de luxe, dans le cadre de sa campagne anti-corruption et " anti-extravaganza ". Un coup dur pour la marque phare du groupe, Rémy Martin, qui avait profité à plein de l'appétence des classes moyennes montantes pour le cognac. Maigre consolation, le numéro deux français des spiritueux n'est pas le seul à souffrir en Chine. Une étude menée par Nomura explique que seul Hennessy, appartenant à LVMH, parvient à tirer son épingle du jeu, en compensant le ralentissement chinois par sa forte exposition aux marchés en croissance que sont les Etats-Unis et l'Europe. Nomura modère également ses prévisions de ventes de cognac en Chine, avertissant qu'elles devraient demeurer faibles au cours des deux prochaines années. Une opinion partagée par Exane, qui ne prévoit pas de reprise dans ce secteur avant 2015.
On ne peut en tout cas pas reprocher à Rémy Cointreau de pécher par excès d'optimisme, puisqu'il concède que les difficultés en Chine devraient s'aggraver au prochain semestre. Et il en tire ces conclusions : le résultat opérationnel courant annuel " devrait enregistrer une baisse significative à deux chiffres après des années de croissance régulière et soutenue. " Frédéric Pflanz, directeur général, a précisé devant les analystes que la baisse du résultat opérationnel devrait se chiffrer à 20 % ou plus sur 2013-2014.
Voilà qui ne va pas aider le groupe de François Hériard Dubreuil à améliorer son parcours boursier. Depuis le début de l'année, le titre s'enfonce dans le rouge. Il avait perdu près de 13 % depuis janvier, avant la parution de ce matin. Et depuis, il est sévèrement puni : après une heure de cotation, l'action lâchait environ 9,5 %. A titre de comparaison, le leader français des spiritueux, Pernod Ricard, limite son repli autour de 3 % depuis le début de l'année.
Il semble donc loin le temps où Rémy Cointreau mettait en place un programme de rachat de titres, pour ensuite mener à bien d'éventuelles opérations de croissance externe. Aucune acquisition avec rémunération en actions n'étant en vue, Rémy Cointreau a été contraint de réaffecter les actions rachetées, comme il l'a annoncé il y a quelques jours. Les employés ont été gâtés, avec une attribution gratuite d'une partie des titres, tandis que le solde a été consacré à une réduction du capital. Pas de croissance externe à chercher de ce côté-là, pour se consoler de ces publications en berne.
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17/09/2021 - 10:31

