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Les M&A débutent 2015 sur les chapeaux de roues
Signe prometteur pour les M&A en 2015 ? En signant sa plus grosse opération de croissance externe depuis son origine, Virbac envoie un signal très fort envers le marché. Avec, une fois de plus, les consommateurs américains en ligne de mire puisque le laboratoire vétérinaire vient de boucler l'acquisition pour 410 millions de dollars (342 millions d'euros) de deux antiparasitaires pour chien à l'américain Eli Lilly.
La transaction, de loin la plus importante réalisée à ce jour par le groupe français, est la conséquence du rachat par Eli Lilly de la division de santé animale de Novartis que la Federal Trade Commission a autorisée, moyennant la cession de ces produits vétérinaires.
La société attend des synergies "substantielles" de ce rachat qui aura un effet relutif au niveau de son Ebitda dès 2015, estime le patron de Virbac. Il le sera "de façon certaine" sur le bénéfice par action en 2016 "et peut-être dès 2015". Il faut dire que grâce à cette acquisition, le Français devrait réaliser dès cette année sur le marché américain des animaux de compagnie un chiffre d'affaires d'environ 230 millions de dollars, contre 130 millions en 2014, et sa part de marché passera de 4% à 7%.
L'opération en dit long sur les opérations de M&A à venir. Sans surprise, elles devraient surtout concerner des entreprises nord américaines compte tenu de la vigueur de leur reprise économique et des chiffres de la consommation. En réalisant la plus grosse opération de son histoire, Virbac démontre aussi que les sociétés sont actuellement à la tête d'un cash important et qu'elles peuvent aussi disposer de financements suffisamment bon marché pour oser des transactions d'envergure. C'est ce qui fait dire aux grands banquiers de la place, que 2015 devrait être sur la même lignée que celle de 2014 en dépit des troubles politiques à venir.
Pour compenser la morosité de l'économie des pays de la zone euro, il n'y a pas le choix : les mieux préparées et les plus désendettées vont devoir aller chercher leur croissance de demain sur les marchés les plus dynamiques. Or aujourd'hui, les Etats-Unis font indéniablement partie des grands gagnants. Un marché d'ailleurs bien souvent plus facile à aborder pour les européens que celui de l'Asie. A voir toutefois si cette frénésie acheteuse en direction du pays de l'Oncle Sam ne risque pas de faire monter les enchères un peu trop haut. Le président de Virbac reconnaît lui même qu'il a payé "un peu cher" son acquisition mais estime que le jeu en vaut encore la chandelle. Mais jusqu'à quand ?
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