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Equistone, le nouveau chouchou du private equity européen

Le fonds de private equity a réussi à lever 2,8 milliards d’euros, soit le maximum envisagé, en seulement quatre mois. Comme leurs pairs américains, les gérants européens les plus performants obtiennent toujours plus de leurs investisseurs, mais certains crient à la bulle.

Equistone vient de frapper un grand coup dans le paysage européen du private equity. Le fonds, qui faisait partie de la galaxie Barclays avant de prendre son indépendance en 2011, a annoncé le closing de son sixième fonds, EPEF VI, à 2,8 milliards d’euros, et a atteint son hard cap en seulement quatre mois. Le fonds de private equity dirigé par Guillaume Jacqueau a réussi à convaincre 56 grands institutionnels, dont plus de la moitié viennent d’Europe et de Scandinavie, et qui pour les trois quarts avaient déjà investi dans un des fonds précédents de la société de gestion. Si Equistone a nettement augmenté ses moyens par rapport à son dernier fonds de 2 milliards closé en 2015, il va continuer sur le même créneau midcap que par le passé, c’est-à-dire investir des tickets compris entre 25 et 125 millions d’euros, pour des valorisations entre 50 et 500 millions d’euros.

Le succès rencontré par Equistone n’est pas dû au hasard puisque le fonds a généré de très belles performances, comme par exemple la vente l’an passé de Meilleurtaux, le courtier en services financiers français, qui a été vendu à Goldman Sachs et a généré 8,2 fois sa mise et un TRI de 70%. En janvier, il a cédé Concept Life Sciences, une société pharma britannique, pour un multiple de 2,87 fois et un TRI de 30%. Ces retours ont permis aux Limited Partners de réallouer leurs capitaux au nouveau fonds, et plus encore dans une industrie qui bénéficie de surliquidité à l’heure actuelle.

Pour preuve, les annones de fonds record se multiplient aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. EQT Partners, le plus gros fonds scandinave, devrait annoncer une levée de fonds de 10,75 milliards d’euros, soit 60% de plus que le dernier véhicule, et aurait reçu deux fois plus de demande. Au global, le private equity a levé un montant record de 453 milliards de dollars l’an passé selon Preqin, soit plus qu’en 2007. Le plus gros véhicule de l’histoire a été closé l’an passé par Apollo Global Management, à 24,6 milliards de dollars. Mais les acteurs ont du mal à mettre tout cet argent tau travail si bien qu’il reste plus de 1000 milliards de dollars de poudre sèche à engager.

Conséquence de cet appétit pour le non coté, les prix sont au firmament. Selon Bain & Co, les LBO ont été signés à un multiple record de 11,2 fois l’Ebitda en 2017 (contre 10 fois en 2016) et le deal moyen atteint 675 millions de dollars. Une opération a donné de vives réminiscences de la période pré-crise : le rachat de Thomson Reuters en Bourse par Blackstone pour quelque 20 milliards de dollars. «Nous sommes dans un environnement de bulle », a prévenu Frode Strand-Nielsen, fondateur du fonds FSN Capital, lors de la conférence SuperReturn à Berlin. Qui pointe l’ingénierie financière grâce à un marché du financement très favorable, mais qui pourrait ne pas durer avec la fin du QE en Europe et la hausse des taux aux Etats-Unis.

Pour David Rubenstein, le patron fondateur de Carlyle en revanche, nul besoin de s’inquiéter, tant que les investisseurs sont prêts à accepter des rendements plutôt autour de 15%, contre 20% dans le passé. Il est vrai que les gérants ont tout intérêt à maximiser les fonds sous gestion, qui apportent des management fees de 2%, une source de revenus garantie et, par conséquent, de plus en plus élevée.


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