Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
La production industrielle française de nouveau à la peine
En décembre, la production s’est repliée dans l'industrie manufacturière de 0,8 % après une hausse de 2,4% en novembre, ainsi que dans l'ensemble de l'industrie où la baisse est de 0,9 % après une hausse de 2,4% un mois plus tôt. Ce mauvais chiffre laisse malgré tout un solde positif pour le quatrième trimestre : +0,8% pour les produits manufacturiers et +1,1% pour l’ensemble des produits industriels. Sur cette période, la production croît nettement dans les industries extractives, énergie, eau (+3,1 %), dans les matériels de transport (+2,8 %) et dans les biens d'équipement (+2,1 %), et augmente légèrement dans les autres industries (+0,3 %), détaille la note de l’Insee. En revanche, elle diminue dans les industries agroalimentaires (-0,7 %).
Sur un an, la production industrielle reste stable à +0,4% (toute l’industrie). “Les entreprises industrielles n’ont pas réussi à compenser, par un niveau de productivité plus élevé, leur handicap de compétitivité-coût”, estime Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis. Et c’est vrai aussi pour l’Espagne ou l’Italie qui ont un niveau de gamme voisin de celui des entreprises françaises. “Ce handicap de compétitivité de l’industrie française vient à la fois du niveau de salaire et du poids des impôts qui affectent la compétitivité, explique l’économiste. Il va falloir améliorer la compétitivité-coût de l’industrie en France, qui ne peut pas rester déprimée par rapport aux pays de même niveau de gamme.” Et la solution n’est pas forcément dans une baisse de la fiscalité ou des salaires mais dans l’accroissement “du niveau de productivité de l’industrie française, ce qui nécessitera en particulier de moderniser le capital de l’industrie en France, modernisation déficiente aujourd’hui.”
En attendant cette vague de modernisation, si l'on s’en tient au point de conjoncture de la Banque de France, la production industrielle ne devrait pas s’améliorer en janvier. Le solde mensuel de l’opinion des chefs d’entreprises sur l’évolution de la production industrielle établi par l’institution, s’affiche en effet à -3 en janvier contre +10 en décembre. C’est même le solde le plus bas depuis près d’un an. “Les chefs d’entreprises prévoient une hausse de la production en février, se veut pourtant rassurante la Banque de France. Les carnets de commandes se maintiennent à un bon niveau.” Ce qui lui permet d’envisager à partir de son indicateur synthétique mensuel d’activité (ISMA), un produit intérieur brut en progression de 0,3 % pour le premier trimestre 2017.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

