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Nouveau virage pour Bourbon
Nouveau virage sectoriel pour la société de Jacques de Chateauvieux, Bourbon qui, compte tenu du contexte pétrolier calamiteux a décidé de voguer sous d’autres cieux. Après être sorti de la grande distribution, du secteur sucrier pour se focaliser sur l’offshore pétrolier (81% de son chiffre d’affaires), le groupe s’apprête en effet à s’orienter vers le gaz, secteur bien plus prometteur actuellement compte tenu des ambitions américaines dans le domaine. D’où le rachat de plusieurs entités spécialisées dont Greenship Gas, société propriétaire de 17 navires et d’une entreprise d’exploitation et de commercialisation de services de transport de gaz. Et ce, auprès de Jaccar Holdings qui n’est autre que l’actionnaire majoritaire de Bourbon qu’il lui vend pour 320 millions de dollars.
Autre signe évident de la reprise en mains de Jacques de Chateauvieux sur son groupe : celui-ci a également décidé de reprendre la présidence de Bourbon qu’il avait laissée à Christian Lefèvre en 2011. Il y a deux ans, déjà, Jaccar Holding avait lancé une OPA sur Bourbon pour retrouver la majorité au sein de sa filiale. La semaine dernière une rumeur évoquait même une possible OPR du holding de tête sur sa filiale pour la retirer de la cote. Rumeur formellement démentie par la direction. Il faut dire qu’une telle opération aurait un coût important (environ 400 millions d’euros) que le groupe n’a sans doute pas envie (ni les moyens) de mettre sur la table.
Un tel virage est indispensable au regard de l’évolution des cours du pétrole mais aussi de la réduction drastique des politiques d’investissement des principaux commanditaires de Bourbon. Car même si le prix de l’or noir devrait se reprendre ces prochains mois, il faudrait encore un important laps de temps avant que ces donneurs d’ordres revoient leur stratégie. De la même manière que ses homologues que sont CGG, Vallourec ou Technip, la société est contrainte de réagir si elle veut sortir dans de bonnes conditions de la crise actuelle. Mi-février, la société a d’ailleurs lourdement pâti du contexte très hostile aux valeurs pétrolières en enregistrant un plus bas historique à 9,46 euros, avant de se reprendre un peu (elle cote aujourd’hui 13,80 euros), enregistrant ainsi un repli de plus de 7% depuis le début de l’année, de 30% sur 3 ans et 55% sur 5 ans.
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