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Altran est prêt pour profiter de l'explosion de son marché
« Notre industrie est trop mal connue. Pourtant tout ce qui fait bouger les lignes des entreprises actuellement ce sont bien la R&D et l’innovation. C’est justement ce qu'Altran propose dans un contexte de sur-concentration de la dépense de R&D, les 1.000 plus grands groupes mondiaux totalisant 70% des dépenses dans ce domaine », assure Dominique Cerutti, le patron d’Altran à WanSquare.
La métamorphose d’Altran trouve d’ailleurs une de ses concrétisations aujourd’hui puisque se tient l’assemblée générale extraordinaire chargée de voter le principe d’une augmentation de capital en vue de réaliser l’acquisition de l’Américain Aricent. Cette opération de croissance externe pour le moins structurante lui coûte 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). C’est la plus grosse transaction jamais réalisée par la société. Mais le jeu en vaut la chandelle : elle va lui permettre d’être présente sur des segments qu’elle ne couvrait pas (notamment les telco et les semi-conducteurs) et de renforcer notablement ses effectifs aux Etats-Unis (sur la Cote Ouest) et en Inde. « Ce qu’il faut pour distancer nos concurrents, c’est être bon dans quatre dimensions: être aussi globaux que nos clients, avoir la connaissance spécifique à chaque industrie, des expertises de pointe dans certains domaines technologiques tels que le design ou les logiciels, et un modèle industriel et mondialisé. L’acquisition d’Aricent nous permet justement de disposer de ces quatre atouts pour devenir un groupe résolument mondial et faire partie des acteurs qui vont compter dans la transformation de cette industrie», soutient l’homme fort d’Altran.
Le marché des sociétés de services dédiées à la R&D et la mise en œuvre de projets est aujourd’hui très fragmenté. On en compte pas moins de 20.000 en Europe et facilement 50.000 aux Etats-Unis. Situation qui ne saurait perdurer et appelle un inévitable mouvement de concentration. « On s’achemine vers une consolidation du secteur . A terme, il ne devrait pas rester plus de 5 à 6 grands acteurs mondiaux, comme on l’a vu par le passé au niveau des grandes entreprises technologiques. Altran entend bien faire partie de ceux-là », lance Dominique Cerutti pour qui les Indiens ou des groupes comme Accenture feront aussi partie du panel concurrentiel.
En acquérant Aricent, la société française s’est déjà mise en situation de gagner du temps en faisant de cette cible sa tête de pont pour agréger les autres acquisitions américaines réalisées récemment. Le challenge est de taille puisque le marché de la R&D -aujourd’hui de 150 milliards de dollars-, est appelé à doubler, voire tripler d’ici peu. Une formidable opportunité que la firme cotée compte bien saisir grâce à l’appui de ses 45.000 ingénieurs basés un peu partout dans le monde et au fait de toutes les révolutions technologiques, sociétales et environnementales actuelles.
Dans l’immédiat, Altran va s’atteler à digérer et intégrer son acquisition américaine. Mais nul doute que Dominique Cerutti repartira bien vite, par la suite, à l’affût d’autres cibles susceptibles de le placer parmi les leaders du secteur. Son principal actionnaire, le fonds d’investissement Apax Partners associé à Altamir avec 8,42% des parts (après avoir vendu l’équivalent l’été dernier), participe à l’augmentation de capital de 750 millions d’euros qui servira à rembourser partiellement le prêt syndiqué obtenu pour financer le deal. L’Altran nouvelle formule présentera alors une capitalisation boursière de près de 4 milliards d’euros et un vaste flottant de plus de 75%.
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