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Même l'Allemagne doit faire des réformes

Dans une note publiée par le FMI, les membres de l'institution recommandent au pays d'accélérer les réformes structurelles et l'investissement public afin d'éviter un ralentissement de l'économie, alors que sa population décline du fait du vieillissement. 
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Si l'Allemagne est souvent désignée comme un modèle pour son sérieux budgétaire et un exemple à suivre pour le reste de l'Europe, et notamment les pays en retard dans le respect de leurs engagements vis-à-vis de Bruxelles, elle n'en garde pas moins ses propres problèmes économiques. Un rapport du FMI publié aujourd'hui à la suite d'une mission d'étude dans le pays est ainsi venu rappeler à l'Allemagne les défis qu'elle devrait affronter dans les prochaines années, et notamment le vieillissement de sa population.

Selon le document, qui retranscrit l'avis des membres du FMI mais pas nécessairement celui du conseil exécutif, qui devra approuver le rapport final dans les prochains mois, les perspectives économiques du pays à court terme sont bonnes mais plus inquiétantes à moyen et long terme.

Pour cette année, la forte demande interne devrait permettre de compenser le ralentissement économique des principaux partenaires commerciaux du pays, puisqu'elle bénéficiera également de la faiblesse des prix de l'énergie et de la politique accommodante de la BCE. La consommation des ménages allemands sera soutenue à la fois par la vigueur du marché du travail et par la reprise du crédit. Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance devrait ainsi atteindre 1,6% cette année, ce que corroborent les membres du FMI. La balance courante devrait rester excédentaire cette année, grâce à un niveau d'épargne élevé et alors que les ménages allemands devraient encore peu investir en raison de perspectives de croissance modérées. La position extérieure nette allemande devrait continuer de progresser pour atteindre 90% du PIB d'ici 2020. Quant à l'excédent budgétaire, il devrait rester bien au-delà du critère de Maastricht, à la fois grâce à la baisse de la charge de la dette (due à la faiblesse des taux d'intérêt) et à la baisse de l'endettement allemand. 

Si le FMI salue les investissements publics qui devraient être réalisés cette année afin de faire face à l'afflux massif de demandeurs d'asile et devraient représenter 1% du PIB, ils ne seront en revanche pas suffisants pour combler les besoins en infrastructures du pays dans les prochaines années, estiment les experts. "Etant donné que les investissements ont été très faibles ces dernières années, en particulier au niveau municipal, la capacité à lancer de nouveaux projets a souffert", expliquent les membres du FMI. L'institution appelle donc les autorités allemandes à accélérer leurs dépenses publiques dans les prochaines années pour rattraper le retard.

Autre recommandation de l'institution: de nouvelles mesures pour booster le marché du travail, dont la taille devrait sensiblement diminuer du fait du vieillissement de la population. Les experts conseillent ainsi de mettre en place des mesures afin d'intégrer plus facilement les nouveaux immigrés au marché du travail, ainsi que des réformes pour accroître le travail des femmes dans le pays. Ce qui permettrait non seulement de résoudre le problème de la diminution de la population active mais également de soutenir la consommation et l'investissement des ménages. Les experts recommandent également d'allonger l'âge de départ à la retraite, actuellement situé entre 65 et 67 ans, afin de lutter contre le vieillissement de la population. Qui devrait sinon donner lieu à une baisse des retraites perçues et une hausse des cotisations. 

S'il est souvent reproché à la France son manque de compétitivité, notamment en raison de son marché du travail trop rigide, il est plus rare d'entendre une telle critique à l'égard de l'Allemagne. Or le FMI souligne aujourd'hui que le secteur des services allemands nécessite d'importantes réformes pour booster sa compétitivité. "Les progrès dans ce domaine ont été particulièrement lents et sont pourtant essentiels pour le pays, au regard de la faible croissance de sa productivité", expliquent ainsi les experts. Et de citer notamment les services postaux où la compétition est faible "du fait du monopole de l'opérateur historique", poursuit le FMI.

Le FMI conclut sa revue du pays par un point sur les banques et les assureurs, en soulignant la nécessité pour eux de s'adapter au nouvel environnement de taux bas et à la nouvelle régulation post-crise de 2008. "Si les efforts de restructuration des grosses banques doivent encore porter du fruit et que des économies doivent encore être réalisées, l'activité des petite banques de détail se reprend et est encourageante", terminent les membres de l'institution. 

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