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Vincent Bolloré renforce son contrôle sur Vivendi
Comme avant une grande bataille, Vincent Bolloré constitue son armée. A l’occasion de la publication des résultats semestriels de Vivendi, le groupe a ainsi annoncé la nomination surprise de deux lieutenants du Groupe Bolloré comme membres du directoire. Il s’agit de son directeur général, Gilles Alix, qui évolue dans la maison depuis 30 ans, et de Cédric de Bailliencourt, directeur financier du Groupe Bolloré. Ces deux nominations montrent, s’il en était encore besoin, la mainmise de l’homme d’affaires breton sur son groupe, et sa volonté de disposer d’une gouvernance acquise à sa cause.
L’annonce a été faite alors que Vivendi a amélioré ses performances au deuxième trimestre, portées par les résultats record d’Universal Music, et commence enfin à enrayer les pertes de Canal Plus. Il a ainsi dévoilé un chiffre d’affaires en hausse de 6,2% à taux de change et périmètre constants au deuxième trimestre, contre 3,4% au premier, et une hausse de 17% de son ebita, alors qu’il était en retrait de 34% en début d’année. Universal Music a pulvérisé tous les records au deuxième trimestre, avec un ebita en hausse de 52%, grâce à de très beaux succès commerciaux comme les albums de Drake et Kendrick Lamar, et surtout Despacito, le tube de l’été qui a été la chanson la plus diffusée en streaming de l’histoire, avec 4,6 milliards d’écoutes. Un succès que la maison-mère pourrait monétiser un jour via une IPO, même si elle n’est pas encore à l’étude aujourd’hui, selon Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire.
En parallèle, Vivendi parvient à contenir les pertes de sa filiale Canal Plus. Vincent Bolloré avait promis que les résultats de sa filiale de télévision payante remonteraient à partir du troisième trimestre grâce à la refonte de ses offres, et il semble en bonne voie de réussir son pari. L’ebita de Canal Plus n’est plus en baisse que de 5,5% au deuxième trimestre, alors qu’il s’était effondré de 67% au premier. Le redressement est bien enclenché, selon Arnaud de Puyfontaine, qui a souligné que le panier moyen de chaque abonné avait augmenté et que les abonnements avaient doublé au mois d’août sur un an, grâce à l’effet de la Ligue 1 de football et de l’arrivée de Neymar au PSG. Ce qui a permis à Canal Plus de confirmer son objectif d’atteindre un ebita de 350 millions d’euros cette année, contre 260 millions l’an passé.
En revanche, le timing ne semble pas avoir été opportun pour le rachat d’Havas, dont l’OPA doit être déclenchée dans les prochaines semaines. Et qui a annoncé un profit warning récemment. Plusieurs analystes se demandent ouvertement dans quelle mesure il pourra générer des synergies avec les autres activités de Vivendi, mais Arnaud de Puyfontaine les a balayés d’un revers de main en déclarant « si c’était à refaire, nous le referions ». Mais le groupe a tout de même pris soin d’élaborer son objectif annuel d’un chiffre d’affaires en hausse de 5% et d’un ebita en croissance de 25% en excluant cette filiale, même s’il en détient déjà 59%.
Enfin, Vivendi continue à battre le fer avec les autorités italiennes sur le dossier Telecom Italia. L’enquête des autorités italiennes sur la prise de contrôle pourrait aboutir à une amende équivalente à 1% de son chiffre d’affaires, voire à l’utilisation du « golden power », un droit de veto public pour protéger des actifs stratégiques. En attendant, Vivendi a profité de cette occasion pour réaffirmer qu’il n’exerçait pas de contrôle sur la firme italienne, même s’il contrôle deux tiers des sièges du conseil et a obtenu l’éviction de son P-dg. Une méthode de gestion qui relève simplement du style Bolloré.
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