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Le LSE ou les beaux yeux de Chimène
Chimène a décidément de beaux yeux. Le London Stock Exchange (LSE), actuellement en discussions en vue d’une fusion avec Deutsche Börse, a annoncé ce matin des résultats annuels dans le vert. Le bénéfice imposable ajusté au titre de 2015 a augmenté de 31%, pour s’établir à 643,4 millions de livres (832 millions d'euros). Et ce alors même que le consensus Thomson Reuters I/B/E/S tablait sur 589 millions. Autre bonne nouvelle et faisant toujours mieux que les prévisions : le chiffre d’affaires a bondi de 78% à 2,28 milliards de livres. Ainsi, le LSE propose un dividende en hausse de 20% à 25,2 pence par titre. De quoi susciter encore un peu plus les convoitises des autres Bourses, qui songeraient à faire une contre-offre.
Pour mémoire, le 23 février, le LSE et Deutsche Börse ont fait part de leurs velléités de rapprochement. Quelques jours plus tard, l’Intercontinental Exchange (ICE) a indiqué qu’il réfléchissait à déposer une offre. Ce qui pourrait être fait entre le 22 et le 29 mars. Pas plus tard que mercredi, c’est le patron du Hong Kong Exchanges and Clearing Limited (HKEx) qui a déclaré garder un œil sur les actuels mouvements. « Je ne dis pas que nous allons faire quelque chose et je ne dis pas que nous n’allons rien faire », a expliqué Charles Li lors d’une conférence. « Il est évident qu’il s’agit d’une assez grande transaction et nous allonss la regarder de près », a ajouté le directeur général.
La liste des prétendants ne s’arrêterait pas là. Le Chicago Mercantile Exchange (CME), qui serait à la recherche d’une acquisition, pourrait également se positionner. En outre, selon une étude publiée le 1er mars par Crédit Suisse, l’avenir de la consolidation boursière pourrait aussi passer par le Nasdaq. « Nous serions surpris de voir le Nasdaq descendre tout seul dans l’arène (…). Nous n’excluons pas une approche fondée sur un partenariat s’il s’avérait être un bon choix sur le plan financier, mais nous pensons que cela serait compliqué, et qu’il n’est pas facile de partager les actifs », écrit Ashley Serrao de Crédit Suisse.
Pourquoi un partenariat ? Parce que le Nasdaq n’a pas la force de frappe de ses concurrents américains ou asiatiques. La plateforme pèse près de 10,5 milliards de dollars, alors que le CME est à plus de 31 milliards, ICE 28 milliards, HKEx 27 milliards, Deutsche Börse 15,5 milliards et le LSE 14 milliards. A titre de comparaison, Euronext est à moins de 3 milliards de dollars. A noter qu’à l’époque du deal -finalement avorté- entre NYSE Euronext et Deutsche Börse, le Nasdaq s’était allié à ICE pour tenter de contrer l’opération. Cette fois, Crédit Suisse table plutôt sur une union avec le CME, plus en accord avec leurs business respectifs. L’analyste va même plus loin : si la fusion entre le LSE et Deutsche Börse devait aboutir, le Nasdaq pourrait devenir une cible potentielle de la nouvelle entité. Les nouvelles à rebondissements devraient donc se multiplier ces prochaines semaines.
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