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Carton plein pour Lazard la semaine passée

La banque d’affaires s’est distinguée sur trois deals d’envergure : Elis qui a racheté le britannique Berendsen pour 2,5 milliards d’euros, la vente de Body Shop par L’Oréal pour 1 milliard, et le fonds ICG pour la reprise de DomusVi à PAI à plus de 2 milliards. Ex-actionnaire d’Eurazeo, il a aussi été à la manoeuvre pour le défendre face aux velléités de Tikehau.
Matthieu Pigasse - Lazard
Matthieu Pigasse - Lazard

 Une campagne législative qui bat son plein, des élections britanniques à haut enjeu et la sortie brutale des accords de Paris par Doanald Trump… Aucune incertitude ne semble arrêter les corporates et fonds de private equity, qui ont annoncé trois deals complexes et de grande ampleur en France la semaine dernière. Des opérations qui ont occupé les banquiers pendant le WE de la Pentecôte, d'autant qu'en parallèle, la vente du bloc du Crédit Agricole dans Eurazeo agitait tout le microcosme financier parisien. C’est Lazard qui profite à plein de cette semaine très active du côté des M&A, puisque la banque d’affaires dirigée en France par Matthieu Pigasse était conseil sur chacun de ces deals.

Tout d’abord, le fournisseur de linge et vêtements de travail Elis a finalement réussi à convaincre le board du britannique Berendsen d’accepter son offre améliorée de 2,5 milliards d’euros, la plus grosse acquisition de son histoire, ce qui va lui permettre de doubler de taille. La société encore détenue à 17% par Eurazeo va lancer une augmentation de capital de 200 millions d’euros, déjà approuvée par le Canada Pension Plan Board, actionnaire à 5% d'Elis. Tout cela a été bouclé grâce à l’appui de Lazard (en particulier de Pierre Tattevin) et des frères Zaoui, ainsi que de Deutsche Bank qui ont structuré une opération capable d’emporter l’aval des membres du conseil, comme des actionnaires encore réticents de la cible.

Le même jour, PAI Partners a annoncé la vente des maisons de retraite DomusVi au fonds ICG et à son fondateur pour 2,3 milliards d’euros, soit plus de 10 fois son résultat opérationnel, selon les Echos. L’acheteur était représenté par Lazard, notamment Matthieu Pigasse et Charles Andrez (responsable du segment mid-market en France) et a su emporter les enchères de cette vente, qui a suscité beaucoup de convoitises dans le private equity. Les grands fonds anglo-saxons comme Blackstone et CVC étaient ainsi présents, tout comme le canadien PSP, déjà actionnaire de Korian.

Enfin, L’Oréal a officialisé la vente de The Body Shop au brésilien Natura Cosméticos pour 1 milliard d’euros, une opération également conseillée par Lazard avec Matthieu Pigasse et Nicolas Constant aux commandes. Le groupe de cosmétiques de Jean-Paul Agon, qui avait mis la filiale en vente en février dernier, a finalement obtenu le prix souhaité, et rentre ainsi tout juste dans les frais déboursés pour la reprendre il y a 11 ans. Un vrai soulagement dans une industrie des cosmétiques en berne, en raison de la faiblesse de la croissance mondiale. Les noms des fonds CVC, Investindustrial, Bain et Advent ont ainsi été murmurés, mais L’Oréal leur a donc préféré un industriel, qui a été disposé à s’aligner sur la valorisation attendue.

Mais Lazard a aussi été impliqué dans l’affaire qui a agité le microcosme parisien lors du week-end de la Pentecôte : la vente des 15,4% du Crédit Agricole dans Eurazeo. Tikehau, qui est entré discrètement au capital de la holding d’investissement en rachetant les 5% de Sofina en avril dernier, puis est monté à 7,6% en mai, était aux aguets. La firme emmenée par Antoine Flamarion et Mathieu Chabran ne souhaitait pas s’arrêter là et s’est positionnée pour racheter le bloc vendu par Crédit Agricole. Mais c’était sans compter sur une résistance forcenée de la part du management d’Eurazeo, et en particulier de Patrick Sayer, qui accompagné par Lazard -comme ex-actionnaire historique du groupe- est allé chercher la famille Decaux comme chevalier blanc. Tikehau n’a pas souhaité s’aligner sur le prix obtenu, soit 70 euros par action et 8% au-dessus du cours de Bourse. Les jeunes quadragénaires de Tikehau, qui ont monté un groupe financier de 10,5 milliards d’euros en partant de 4 millions d’euros en l’espace de dix ans, n'ont donc pas eu gain de cause et devront composer, même si leur part a déjà nettement gagné en valeur. En tout état de cause, leur appétit pour Eurazeo montre que le private equity est plus que jamais la classe d’actifs alternative la plus attractive du moment.


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