G20 agricole : un petit pas
Le G20 s'est concentré sur la régulation des marchés physiques. La régulation des marchés financiers doit être poursuivie par les ministres des finances.
Bruno Lemaire, le ministre de l'agriculture français n'a pas hésité à qualifier l'accord d'historique. Pas sûr pourtant que la réunion des ministres de l'agriculture du G20 à Paris hier et aujourd'hui fera date dans l'histoire de la régulation des marchés financiers de matières agricoles, même si plusieurs dispositions ont été adoptées pour mieux gérer l'évolution du marché physique.
Les ministres de finances se sont d'abord engagés à mettre en place le système d'information sur les marchés agricoles. Baptisé AMIS, il est censé recueillir des données fiables sur le blé, le maïs, le riz et le soja d'abord. Il pourrait être élargi à d'autres matières premières ensuite. Son secrétariat, qui devra être mis en place dans les jours à venir, sera hébergé par la FAO.
Les pays émergents étaient a priori peu favorables à cette initiative qui touche à des informations souvent considérées comme stratégiques. Pourtant, ils se sont engagés "à prendre part à l'initiative en fournissant des données". L'implication des entreprises s'annonce plus compliquée. Les ministres ont simplement "invité instamment les acteurs du secteur privé à participer".
Les ministres des finances ont aussi décidé de mettre en place un "forum d'action rapide". Il réunira les "responsables des politiques agricoles de haut niveau des principaux pays producteurs, exportateurs et importateurs" pour apporter des solutions rapides à des situations de crise. Aux dires du ministre de l'agriculture, il permettrait d'éviter la flambée des prix du blé connue l'été dernier quand la Russie avait bloqué ses exportations.
Sur la régulation des marchés financiers en eux-mêmes, le communiqué du G20 est plus laconique. Les dirigeants ont d'abord appelé à une meilleure coordination des régulateurs des marchés physiques et des marchés financiers. En la matière, le chemin à parcourir est encore long. Il n'existe rien de tel en Europe.
Les ministres de l'agriculture ont plaidé pour l'amélioration du fonctionnement des marchés dérivés de matières premières mais se sont surtout contentés de renvoyer aux travaux des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales ainsi qu'à ceux de l'OICV. Car, la régulation des marchés agricoles recoupe celle des marchés de dérivés.
De chaque côté de l'Atlantique, les régulateurs travaillent à la compensation des produits dérivés, à leur échange sur des plateformes électroniques et à l'enregistrement des transactions. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà bien avancé dans l'élaboration de limites de positions pour un certain nombre de matières premières, notamment agricoles.
En Europe, la régulation des dérivés agricoles devraient intervenir dans le cadre de la réforme de la directive d'organisation des marchés financiers. Dans une consultation préparatoire, la Commission avait proposé des obligations de publication de positions pour les traders. Un texte plus précis est attendu pour l'automne.
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17/09/2021 - 10:31

