Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Veolia en route pour bâtir une filière nucléaire française pour les déchets faiblement radioactifs.
« On ne voulait par avoir raison trop tôt, on ne voudrait pas avoir raison trop tard, l’heure est venue d’investir dans le nucléaire ». C’est en ces termes qu’Antoine Frérot, le patron de Veolia a commencé par expliquer l’acquisition de l’américain Kurion pour 350 millions de dollars. Conscient du potentiel exponentiel du marché du traitement des déchets faiblement radioactifs et de l’assainissement des équipements nucléaires, le numéro un de Veolia a donc décidé de réamorcer un mouvement de croissance externe. Kurion est spécialisé dans le traitement des déchets nucléaires, présent aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, au Japon mais aussi en France en travaillant notamment avec Areva. Il réalise un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars tout en étant « largement rentable ».
Pour Antoine Frérot, il est indispensable de créer une filière nucléaire intégrée, à forte valeur ajoutée, reposant sur des technologies « rares et différenciantes », afin de capter toutes les demandes. Un marché appelé à se révéler très juteux si l’on en juge par le parc mondial de réacteurs nucléaires commerciaux, 40% ayant plus de 45 ans alors que 100 à 150 réacteurs ont été arrêtés ou vont l’être d’ici à 2030. Sachant que Veolia veut se concentrer sur la gestion des déchets nucléaires très faiblement radioactifs ainsi que sur l’assainissement et le démantèlement. Un marché évalué à 210 milliards de dollars d’ici à 2030.
Actuellement, Veolia propose déjà une offre de traitement des déchets dans le cadre de démantèlements de centrales. L’an dernier, cette activité a représenté un chiffre d’affaires de 20 millions de dollars pour un carnet de commande de 110 millions de dollars. L’objectif est de regrouper autour d’une seule structure toutes les activités nucléaires de Veolia sous la direction de l’actuel CEO de Kurion, Bill Gallo. A l’horizon 2020, le groupe vise un chiffre d’affaires de 350 à 400 millions de dollars pour cette branche et un rythme de croissance soutenu au-delà. Antoine Frérot n’exclut pas de saisir d’autres opportunités de croissance externe dans ce domaine à l’avenir, mais compte tenu des compétiteurs en présence, celles-ci devraient être de plus petite taille. Une chose est sûre : l’homme fort de Veolia entend bâtir une filière nucléaire française polyvalente susceptible de venir épauler le leader français Areva, sans se marcher sur les pieds puisqu’il souhaite se positionner sur les déchets très faiblement radioactifs qui représentent 99,8% des volumes à traiter pour 0,1% de radioactivité, Areva traitant 3,2% des volumes pour 99,9% de radioactivité.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

