Professions financières / Corporate finance
Professions financières
Corporate finance
LBO France à la recherche d'un nouvel élan
Le fonds de private equity a lancé la collecte d'un nouveau véhicule et vise 1 milliard d'euros. Ses bons investissements récents devront faire oublier les ratés de la construction, surtout pour des actifs français.
LBO France s'apprête à relever un défi de taille, dans la mesure où il doit faire comprendre que le mot "France" figurant dans son nom n'est pas incompatible avec des rendements attractifs en private equity. Le fonds s'apprête ainsi à lancer la commercialisation de son neuvième fonds, pour lequel il chercher à lever la bagatelle d'1 milliard d'euros.
Pour revenir au début de l'histoire, le fonds emmené par Robert Daussun créé en 1985 a longtemps bénéficié de son statut de pionnier du private equity dans l'Hexagone. Il a donc profité de l'essor du métier et de l'appétit des investisseurs pour lever de plus en plus de capitaux, tous les deux ans: 355 millions d'euros pour le fonds White Knight VI en 2004, 644 millions d'euros pour le VII en 2006 et enfin 851 millions d'euros pour le VIII en 2008, au lendemain de la faillite de Lehman Brothers.
Mais rapidement, les deals sur des spécialistes de la construction très cycliques, conclus au pic de marché qui plus est, se sont retournés contre lui. Ainsi, Terreal qui avait été racheté principalement par de la dette en 2005, a subi une restructuration financière dès 2008, mais cela n'a pas suffi. Et les discussions avec les créanciers devraient probablement aboutir à la cession de la participation, déjà provisionnée par LBO France, aux créanciers du groupe. Même cas de figure pour Consolis, le fabricant de préfabriqués en béton racheté juste avant la crise, en 2007. Après un premier rééchelonnement de la dette -en échange de new money- début 2011, la société a dû, faute de reprise, entrer dans une phase de conciliation il y a quelques mois, qui a abouti à un nouvel accord entre actionnaires et créanciers.
Mais ces quelques ratés sont le fait d'investissements plus anciens, qui ont pâti à plein de la crise financière. LBO France compte par ailleurs en portefeuille des participations beaucoup plus florissantes, telles que le fabricant de compotes Materne, qui explose outre-Atlantique et a vu ses revenus à l'étranger multipliés par huit entre 2010 et 2012, la marque the Kooples qui étend son maillage géographique en Europe, particulièrement en Grande-Bretagne, ou encore la magasin d'aménagement d'intérieur Maisons du Monde.
Et LBO France a réussi à ne pas reproduire les erreurs du passé dans son dernier véhicule, qui a été essentiellement investi plus de deux ans après le closing, en 2011 et 2012. Or, les tickets mis dans Labeyrie, Eminence ou encore Karavel-Promovacances ont jusqu'à présent porté leurs fruits: le fonds de dix participations affiche une valorisation de 1,4 fois la mise. Et l'objectif est de le porter à 2,2 fois les capitaux investis, pour un TRI de 20% à terme.
Et c'est cette même ligne de conduite qui sera mise en avant pour le prochaine collecte: investir dans des groupes basés en France et leaders de leur segment, afin de propulser leur développement à l'international. L'argument est pour le moins osé, dans un environnement où l'Hexagone évoque récession et système fiscal risqué aux oreilles des Limited Partners. Dans le dernier véhicule, 85% d'entre eux étaient européens, mais LBO France a l'ambition d'élargir cette base de mécènes. Reste un argument choc: des sorties offrant d'alléchants retours. Le fonds porte ses espoirs sur Maisons du Monde et Médi-Partenaires, actuellement en vente. Et pourrait ainsi avoir les moyens de s'offrir la chaîne de parfumeries Nocibé, dont la vente par Charterhouse patine depuis plusieurs mois.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

