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Faut-il revenir sur les émergents ?
Si la Chine ne fait plus tellement parler d'elle depuis un an, après avoir fait plonger les Bourses mondiales mi 2015, l'avertissement publié hier par Standard and Poor's a sonné comme un rappel des risques persistants liés à l'économie chinoise. L'agence de notation a ainsi dégradé la note du pays d'un cran, de AA- à A+, pour la première fois depuis 1999. Principale raison citée par l'agence pour justifier sa décision : l'endettement massif du pays, qui risque selon l'agence d'entraîner des déséquilibres financiers conséquents. Et pour cause, la dette totale (privée et publique) de la Chine est passée de 150% du PIB en 2008, à plus de 250% du PIB en 2016. "Plus la dette des entreprises chinoises a augmenté, plus la croissance du pays a ralenti dans le même temps", explique ainsi Devan Kaloo, Head of Global Emerging Markets chez Aberdeen Standard Investments, qui estime que la croissance du pays devrait donc continuer à ralentir, tant que le problème de l'endettement du pays n'aura pas été réglé par les autorités. Mise à part la Chine qui représente donc encore un risque important pour les gérants, le reste des pays émergents a retrouvé les faveurs des investisseurs.
L'élection de Trump avait pourtant fait redouter une flambée du dollar et une politique américaine protectionniste, toutes deux néfastes aux pays émergents (dont la dette est en grande partie libellée en dollar) et notamment à ceux exportant massivement vers les US. Rien de tout cela n'a finalement eu lieu, et le dollar, loin de s'apprécier, s'est au contraire déprécié de près de 10% contre le rouble sur un an, de 5% contre la monnaie thaïlandaise et est resté quasiment stable contre le yuan. Ce qui a notamment permis aux pays de réduire leur déficit extérieur courant, principalement libellé dans la devise américaine. Cette baisse surprise du dollar a entraîné un retour des investisseurs vers les pays émergents, qui ont vu leurs marchés progresser de 28,6% (en dollars US) entre août 2016 et août 2017. Du coup, les performances des fonds émergents ont affiché d'excellents rendements, de 20% sur un an. Et la tendance devrait se poursuivre.
Car la bonne tenue des Bourses émergentes s'explique aussi par des fondamentaux économiques en nette amélioration. "La croissance dans les pays émergents est en train d'accélérer", poursuit Devan Kaloo. Et selon Andrew McCaffery, global Head of Client -Driven and Multi-Manager Solutions, alors que les pays développés ont connu ces derniers mois une période d'incertitude politique très forte (élections US, Brexit, élections françaises, néerlandaises), les pays émergents ont finalement affiché une certaine stabilité et une "discipline politique" rassurante pour un investisseur de long terme. Pour Aberdeen Standard Life, l'Inde possède de très bons fondamentaux et dispose d'un gouvernement solide qui délivre des réformes de façon efficace. Les conditions sont donc réunies pour investir à long terme même si les actifs sont un peu plus chers que dans d'autres pays. Le gérant est également exposé au Brésil et à la Russie.
Les entreprises locales ont dans le même moment assaini leurs finances : leurs bénéfices sont en hausse depuis l'an dernier et les perspectives attendues sont bonnes : "pour la première fois depuis 2012, les prévisions de bénéfices ont été revues à la hausse", souligne encore Devan Kaloo. La rentabilité des entreprises émergentes s'est ainsi améliorée depuis 2016 notamment grâce au remboursement d'une partie de leur dette et aux baisses de dépenses en investissements. Le retour des investisseurs vers les actifs émergents devrait donc se poursuivre dans les prochains mois, d'autant que les niveaux de valorisation sont encore attractifs : Les investisseurs devraient donc continuer à revenir vers les émergents comparé aux actifs des pays développés.
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