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Société Générale rassure sur l'avancement de sa transformation
Le 4eme trimestre est en forte baisse, mais les annonces faites par le numéro un de Société Générale, Frédéric Oudéa, ce matin ont manifestement convaincu les investisseurs de la résilience et du potentiel de la banque : l’action mène la danse du CAC 40 ce matin avec un gain de plus de près de 4%. Si le titre se comporte aussi bien c’est assurément parce que l’établissement avait largement sensibilisé les marchés sur les charges exceptionnelles qu’il devrait passer sur la dernière partie de l’année. Et de fait, elles sont nombreuses : 390 millions au titre de l’adaptation des réseaux de la banque de détail en France, 200 millions de plus pour les litiges, 205 millions pour éteindre une amende fiscale et enfin 253 millions et 163 millions supplémentaires au titre des effets de la réforme fiscale aux Etats-Unis et en France.
Au final, la banque a donc dégagé un résultat net part du groupe de 69 millions d’euros sur le 4eme trimestre, en repli de 82,3% sur celui de 2016. Performance jugée finalement très positive par les analystes qui craignaient un résultat dans le rouge. Sur l’ensemble de l’année, ce même profit net part du groupe s’inscrit à 2,8 milliards d’euros, en retrait de 27,6%. Hors éléments exceptionnels, le résultat net part du groupe ne recule plus « que » de 24,1 % sur le 4eme trimestre et progresse même de 8,4% (à 4,5 milliards d’euros) sur l’année entière.
Pour autant, Frédéric Oudéa a envoyé plusieurs messages rassurants. D’abord sur l’avancée de son plan de transformation essentiellement tourné vers la banque de détail. En 2017, 30% des processus sont d’ores et déjà dématérialisés et automatisés (ce chiffre devrait atteindre 50% en 2018 et 80% en 2020). «L’an passé nous avons bénéficié d’une forte conquête de clientèle en France comme à l’étranger tout en abaissant notre coût du risque », a commenté le leader de la banque. Par ailleurs, la production de crédit s’est révélée dynamique (+21% pour les crédits immobiliers, +18% pour ceux destinés aux entreprises). A l’international, le groupe profite aussi de la reprise de l’économie russe et des mesures draconiennes prises par les autorités locales vis-à-vis de leurs principales banques. Du coup, la banque a vu la production de crédits aux particuliers bondir de 40% et celle aux entreprises grossir de 16% sur le seul 4eme trimestre.
La contribution de l’Europe à l’activité globale a ainsi atteint un niveau record l’an passé. Et cette tendance devrait s’accentuer cette année si l’on en croit Frédéric Oudéa pour qui l’environnement est devenu beaucoup plus porteur. Et la sortie progressive des politiques accommodantes des banques centrales n’est pas pour lui déplaire puisqu’elle devrait avoir pour résultat une hausse des taux et le retour de la volatilité. Interrogé sur sa possible contribution à la consolidation du secteur bancaire européen, que le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment appelée de ses vœux, il a répondu qu’il y avait effectivement trop de banques en Europe. Mais la consolidation devrait essentiellement s’opérer localement et prendre du temps. Car il ne faut pas perdre de l’idée que les activités de retail cross-border sont compliquées à gérer, du moins tant que l’Union bancaire ne sera pas effective. Avant de s’atteler à des opérations de croissance externe il faut d’abord finir de transformer les métiers de la banque.
Concernant les différents litiges en cours, le patron du groupe se montre confiant, attendant dans les prochaines semaines, voire les prochains mois le résultat des courses. Les provisions faites par la banque totalisent à ce jour 2,32 milliards d’euros. Quant à l’épée de Damoclès Kerviel, l'établissement estime que l’avis du Conseil d’Etat de 2011 et sa jurisprudence le protègent, alors que la « proposition de rectification » du fisc est sans effet immédiat et reste à confirmer par une notification de redressement. Lorsque Société Générale sera en situation d’imputer les déficits reportables issus de la perte (de 4,9 milliards d’euros), alors les services fiscaux pourront s’emparer du dossier. « Une telle situation ne se produira pas avant plusieurs années », a ajouté Frédéric Oudéa, confirmant ainsi que pour l’heure la banque n’avait rien provisionné.
« Le groupe entre avec confiance dans une année 2018 qui lui permettra de franchir une nouvelle étape de son plan stratégique 'Transform to grow', afin de délivrer une croissance supérieure, rentable et durable au profit de ses salariés, des clients et ses actionnaires », a enfin lancé le directeur général de la banque en guise de conclusion. Message reçu 5 sur 5 par les marchés.
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