Défilé américain du 4 juillet : Donald Trump va-t-il trop loin ?
« Nous allons devoir faire mieux que la France. » Cette boutade lancée à Paris par Donald Trump, qui venait d’assister au défilé militaire du 14 juillet, n’est finalement pas restée lettre morte. Selon le Washington Post, le Président américain a réuni les plus hauts représentants de l’armée dans le « tank » du Pentagone, une salle réservée aux discussions les plus secrètes, le 18 janvier dernier. Ordre du jour : organiser une parade militaire sur le modèle de ce qu’il avait vu sur les Champs-Elysées à l’été dernier. Ce qui n’était qu’un simple fantasme s’est donc transformé en un ordre présidentiel auprès du secrétaire de la Défense, Jim Mattis.
La Maison Blanche a confirmé la volonté d’une « célébration où les Américains peuvent montrer leur reconnaissance » aux soldats qui risquent leur vie pour leur pays. Selon le Washington Post, elle pourrait avoir lieu le 4 juillet ou bien le 11 novembre, la fête des Vétérans et l’anniversaire des 100 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale – un événement qui serait donc moins associé au seul Président. Donald Trump souhaite néanmoins que ce défilé ait lieu sur Pennsylvania Avenue à Washington DC, entre la Maison Blanche et le Capitole.
Mais si le défilé militaire est une tradition en France, en Russie ou encore en Corée du Nord, les Etats-Unis ne sont pas coutumiers du fait. La dernière parade date de 1991, lorsque le pays avait célébré la fin de la guerre du Golfe, et avait coûté 8 millions de dollars. Avant cela, les derniers épisodes remontent à la période de la Guerre Froide et pourraient donc être associés à une période de tensions géopolitiques extrêmes. Le format est également primordial, car si le pays en venait à exhiber son arsenal nucléaire, cela pourrait faire figure de provocation à l’égard de la Corée du Nord, habitué à de telles démonstrations.
Se pose ensuite et surtout la question du financement d’un tel événement, qui nécessiterait de débloquer des dizaines de millions de dollars pour faire venir des tanks et d’autres artilleries lourdes. En 1991, le gouvernement avait apporté 3 millions de dollars et le reste avait été financé par des donations privées. «Pour des questions de réalité budgétaire, le coût d’une parade est trop élevé pour se justifier. Les maths s’appliquent aux super puissances, et notre dette de 20 trillions de dollars représente une menace sérieuse sur notre sécurité nationale », a pointé Edward King, fondateur du think tank conservateur, Defense Priorities.
Le timing est d’autant plus complexe que le Congrès est en pleines négociations pour éviter un nouveau « shutdown » des autorités fédérales jeudi soir. Hier, la Chambre des Représentants a voté un budget qui financerait les programmes domestiques pour 4 mois mais allouerait l’intégralité du budget de la défense, soit une enveloppe de 659 milliards de dollars – la seule hausse de l’ensemble du budget fédéral. Mais ce texte a toutes les chances d’être amendé au Sénat, avant de revenir à la Chambre. Les sénateurs John Mc Cain et Bill Coons ont de leur côté une loi visant à statuer sur la question de l’immigration et des Dreamers, mais elle a été retoquée par un tweet de Donald Trump, qui veut le financement de son mur avec le Mexique en échange. En tout état de cause, la question d’un défilé ne pourra donc venir que si le Congrès parvient à un accord d’ici à demain soir, et surtout à un financement pérenne de son armée.
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