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Encore et toujours, Crédit Agricole rationalise
Le titre Crédit Agricole, qui a récemment franchi un plus haut depuis fin 2009, reflète l’emballement des investisseurs pour la banque verte et les perspectives qu’elle offre à moyen et long terme. A cet égard, les résultats du deuxième trimestre sont une étape intermédiaire pour le groupe dirigé par Philippe Brassac, qui digère son ambitieuse restructuration et la cession de la participation de CASA dans les caisses régionales et ainsi peaufine sa mutation, dans le cadre de son plan stratégique 2020. Le Groupe Crédit Agricole a ainsi annoncé un PNB sous-jacent stable à 7,9 milliards d'euros, et un résultat net en hausse de 23% à 2 milliards d’euros. C’est en réalité CASA qui a tiré le groupe, puisque son PNB sous-jacent gagne 6,5%, hors revenus liés à l’assurance, et le profit net bondit de 43% sur un an, à 1,17 milliard d’euros. Le trimestre le plus élevé depuis 2011, comme le fait justement remarquer le groupe.
Tous les corps de métier de CASA ont contribué à la croissance sur le trimestre : l’assurance engrange 195 000 contrats nets en dommages, et l’assurance-vie a collecté 1,3 milliard d’euros, surtout sur le segment plus rémunérateur des unités de compte. Amundi, qui a bouclé avec succès son augmentation de capital de 1,4 milliard d’euros afin de finaliser l’acquisition de Pioneer Investments, est devenu la plus grosse capitalisation boursière européenne et la cinquième dans le monde de la gestion d’actifs. Finalisée début juillet, cette opération transformante de 3,54 milliards d’euros n’a pas encore été intégrée dans les comptes, mais elle permet d’ores et déjà à Amundi d’atteindre une taille critique, alors que le secteur est de plus en plus concurrencé par la gestion passive. Sans Pioneer, Amundi parvient tout de même à faire progresser ses encours de 11,7% sur un an, malgré une légère décollecte sur le trimestre.
Signe du retour de la croissance en France et en Europe, la banque de détail est également florissante : LCL a en particulier vu les crédits professionnels et aux entreprises progresser de près de 12%, et même de 22,5% en Italie. C’est la raison pour laquelle le groupe lorgne sur trois caisses d’épargne dans le pays, pour lesquelles il pourrait débourser jusqu’à 220 millions d’euros, après nettoyage de leurs bilans via l’intervention du Fonds Interbancaire de garantie des Dépôts. Une offre est attendue début septembre. Enfin sur le pôle Grandes Clientèles, CA CIB a tiré son épingle du jeu, « malgré des flux clients en baisse dans un marché attentiste et une volatilité faible », mais aussi dans le conseil en M&A, où la banque verte atteint le quatrième rang des league tables sur le trimestre, en parts de marché.
Enfin, Crédit Agricole continue le travail d’optimisation de son bilan au regard de la régulation. Le coût du risque de crédit a chuté de 54% grâce à la sortie du capital des caisses régionales. Groupe Crédit Agricole affiche ainsi un ratio Core Tier One de 15%, supérieur de 5,5 points aux exigences de la BCE. De quoi encaisser l’impact négatif de 43 pb lié à l’intégration de Pioneer sans difficultés.
Après la cession express de sa participation de 15,4% dans Eurazeo, qui a créé beaucoup d’émoi dans le microcosme parisien et a permis à la banque verte d’encaisser une plus-value exceptionnelle de 107 millions d’euros, Crédit Agricole démontre qu’il est prêt à saisir toutes les opportunités pour rationaliser son portefeuille. Comme, plus modestement, avec la cession en vue de la banque Themis, filiale de LCL, à Fiducial pour environ 40 millions d’euros. Parole de banquier : il n’y a pas de petits profits.
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