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Private equity : les assureurs vie avancent à tâtons

Le capital investissement se marie mal aux obligations qui entourent les assureurs vie. Pourtant, avec les fonds euro-croissance et les fonds “Macron”, cela devient possible.
assurance vie
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Le 5 juillet dernier, une petite révolution s’est opérée dans le monde de l’assurance-vie : le lancement d’une première unité de compte dédiée au capital investissement (« NextStage Croissance », géré par la société de gestion NextStage)

Un fonds éligible à l’assurance-vie peut enfin investir dans des entreprises non cotées. Dès les années 90, les pouvoirs publics ont, certes, cherché à orienter l’épargne placée dans l’assurance-vie vers les titres de capital, et en particulier vers le financement des PME et des ETI. On se souvient des produits DSK, suivis des NSK et plus récemment, des contrats euro-croissance. “Les assureurs peuvent avoir du Private Equity à l’intérieur de leurs contrats mais c’est toujours en portion congrue compte-tenu des obligations de garanties qu’ils ont sur leurs fonds, souligne Corinne Calendini, directeur d’AXA Gestion Privée. Mais il y a très peu d’unités de comptes qui en contiennent. Les fonds qui proposent une petite portion de PE, sont des fonds dont la liquidité est assumée par les assureurs, car l’assureur doit une liquidité à ses assurés.”

Et c’est un point de blocage majeur pour permettre à l’assurance-vie d’être plus investie dans le Private Equity. Une première avancée a eu lieu avec le nouveau contrat euro-croissance, qui “permet aux assureurs d’avoir accès à des classes d’actifs plus risquées car il n’est pas soumis à la garantie des capitaux à tout moment”, rappelle la patronne d’AXA Gestion Privée. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. A fin 2015, ces contrats ne pèsent que 1,7 milliard d’euros d’encours sur un total de 1 580 milliards d’euros pour l’ensemble de l’assurance-vie. Il faut dire que l’offre reste encore limitée. Axa annonce le lancement de son premier contrat en décembre prochain.

L’impasse est réglementaire. Et c’est le ministre de l’économie qui le dit, Emmanuel Macron, quelques semaines avant sa démission du gouvernement : “Jusqu'alors nous n'avions pas réussi à résoudre le risque de liquidité, qui est un sujet absolument majeur, parce que tant que l'assureur est obligé de régler le rachat du contrat, sous un délai de 2 mois, c'est lui qui porte le risque de liquidité, et concrètement cela lui interdit bien souvent de proposer des unités de compte investies en parts de fonds, notamment des fonds de capital-investissement.” La loi Macron, promulguée en août 2015, a levé cette contrainte en permettant la commercialisation d’unités de compte à remise en titres. “Le risque de liquidité est alors porté par l'assuré ou le bénéficiaire, et l'assureur peut donc proposer des unités de compte investies en fonds de capital-investissement”, résume l’ex-ministre de l’Economie, satisfait de la pirouette juridique.

Bien sûr, l’assurance-vie en private equity ne s’adresse pas à tout le monde. Bercy et les assureurs parlent volontiers de clients “avisés”. “C’est un client averti disposant d’un montant d’actifs supérieurs à 500 000 euros, décrit Corinne Calendini. Il a des activités dans la finance, est capable de comprendre les spécificités des marchés et de prendre du risque de façon identifiée sur le long terme.” Des clients qui demandent clairement à placer leurs économies dans le PE, en complément des investissements en direct via par exemple des Family office.

Une bonne nouvelle, en tout cas, pour les assureurs qui vont pouvoir élargir la palette de leurs investissements, tout en trouvant des rendements souvent très intéressants et pour les entreprises non cotées qui voient arriver là une riche manne susceptible de les accompagner dans leur développement.

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