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Fimalac-Fitch : le changement dans la continuité

Le groupe de Marc de Lacharrière vient d'annoncer qu'il a cédé une part supplémentaire de 10 % du capital de Fitch à Hearst, qui en détient maintenant 50 %. Mais le financier français reste chairman.
Au moment où les agences de notation sont clouées au pilori, montrées du doigt et transformées en boucs émissaires de la crise des dettes souveraines - alors qu'elles n'en sont que le thermomètre - le groupe Fimalac, qui détenait 60 % du capital de Fitch Group, l'une de ces trois principales agences mondiales, vient de céder à son partenaire américain, Hearst, une fraction supplémentaire portant sur 10 % du capital. Ce qui, au passage, fait rentrer dans les caisses de Fimalac 177 millions de dollars, soit près de 135 millions d'euros, et valorise la totalité du capital de Fitch à 1,8 milliard de dollars. Cete opération, qui n'a rien de surprenant compte tenu des accords conclus précédemment entre Hearst et Fimalac, et qui avaient permis au géant américain de la communication de devenir actionnaire de Fitch à hauteur de 20 %, puis de 40 %, inspire trois réflexions. D'abord, si un groupe comme Hearst (non coté), qui possède une trentaine de chaînes de télévision, un ensemble de presse magazine, une activité d'édition et un pôle d'information professionnelle décide de miser, avec constance, autant d'argent sur une agence de notation, c'est qu'il pense que le modèle économique de ces "monstres" aussi décriés de ce coté-ci de l'Atlantique est non seulement intéressant, mais rentable. Pour mémoire, Fitch a vu son chiffre d'affaires progresser de 9,4 % au cours du dernier exercice pour atteindre 526 millions d'euros, avec une marge opérationnelle courante de 31 % ! Ensuite, cette opération se fait dans le cadre d'une continuité assez remarquable. Entre Hearst et Fimalac, qui se connaissent depuis plusieurs années, il s'agit là du troisième mouvement capitalistique concernant Fitch, qui prend la forme d'un "non-évènement". Bien sûr, les deux co-actionnaires sont désormais à égalité en capital. Ils auront, de fait, le même nombre d'administrateurs. Mais Marc de Lacharrière restera chairman de Fitch "statutairement, jusqu'à ses 80 ans". C'est dire si ce changement s'opère dans une continuité assez exemplaire. Enfin, même si Fimalac reste un actionnaire opérateur de Fitch, troisième agence de notation mondiale, cette opération permet d'affiner la valorisation du groupe contrôlé par Marc de Lacharrière. Compte tenu des 50 % qu'il conserve chez Fitch et qui vont continuer à se valoriser, d'un important patrimoine immobilier, avec notamment une tour à Londres, des participations dans le Groupe Lucien Barrière et d'une trésorerie abondante, les estimations des analystes financiers tournent autour de 1,4, voire 1,5 milliard d'euros, alors que la capitalisation boursière de Fimalac n'est que 900 millions d'euros. Ce qui fait apparaître une décote proche de 40 % qui ne demande qu'à être corrigée !
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