Deutsche Bank montre l'exemple
La banque allemande a lancé un fonds de 300 millions d'euros de capital hybride dédié aux PME. Une mesure novatrice, dont la France devrait s'inspirer.
Comme souvent dans les situations difficiles, les allemands savent prendre le taureau par les cornes. C'est le cas de Deutsche Bank, qui a annoncé constituer un fonds de 300 millions d'euros dédié au Mittelstand, l'écosystème des PME allemandes. Ce véhicule, le premier lancé par une banque privée outre-Rhin, est destiné aux entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 100 millions d'euros, pour des tickets allant de 2 à 10 millions d'euros.
Surtout la banque compte injecter du capital hybride, une dette super subordonnée qui se rapproche de l'equity. Pas de velléité de private equity donc, qui irait à l'encontre du durcissement de la réglementation européenne à l'égard des banques. Bâle 2 est une réalité et devrait accoucher de quotas stricts de fonds propres d'ici 2012. Mais en proposant l'alternative de ces produits hybrides, Deutsche Bank se pose en acteur responsable de la survie du tissu économique allemand. Un acteur peu suivi d'ailleurs, car ce fonds ouvert à la souscription visait 500 millions d'euros, mais n'a rencontré pour l'instant que peu d'intérêt.
La démarche de Deutsche Bank témoigne du déficit vital de crédit dont souffrent les PME allemandes. Le produit qu'elle leur propose, dont le taux d'intérêt sera légèrement supérieur à 10 %, sera remboursable au bout de sept ans. Le fonds devrait notamment recycler les quelque 5 milliards de dollars de dette mezzanine dans les PME allemandes, arrivant à échéance dans les prochaines années. Une mesure profitable aussi pour ses pourvoyeurs de capitaux, qui encaisseront un taux de retour proche de 10 %.
Cette intéressante initiative privée apporte une réponse partielle à la nécessité de trouver des relais de financement pour les PME. En France aussi, où Nicolas Sarkozy a mis en place des fonds d'equity financés par les deniers publics. Mais du côté de la dette, les banques largement arrosées lors de la panique financière rechignent toujours à apporter des crédits au "ventre mou" français, ces PME souffrant pleinement de la crise. D'autant qu'elles risquent de publier des résultats 2009 en repli, qui les discréditeront d'autant plus à l'égard des banquiers. A cet égard, le Médiateur du Crédit n'a pas complètement donné satisfaction. L'Europe doit donc anticiper tout nouveau resserrement du crédit, où les sociétés ont moins accès aux marchés de capitaux que leurs pairs américaines.
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