Quand les fous prennent les clés de l'asile !
Cela fait trois ans maintenant que François Pérol est à la tête de BPCE qu'il a restructuré et solidifié, malgré la crise financière. Mais les syndicats ne pensent encore qu'à le destituer !
La Cour de cassation a donc ordonné aujourd'hui l'ouverture d'une information judiciaire sur les conditions de la nomination de l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol, à la tête du groupe Banques Populaires-Caisse d'Epargne (BPCE), intervenue en mars 2009. Saisie par les syndicats SUD et CGT de la BPCE, la Cour, suivant l'avis de son avocat général, a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait initialement rejeté toute enquête.
Bien sûr, la justice est souveraine. Bien sûr, la Cour de Cassation est un contrepouvoir important dans notre système judiciaire. Bien sûr, tout cela ne présage en rien de ce qui va se passer maintenant et des suites qui seront données à cette information judiciaire.
Mais tout de même ! De quoi parle-t-on? Toute cette affaire qui pourrit le microcosme financier depuis trois ans consiste à savoir si François Pérol a eu à s'impliquer directement ou pas dans les modalités du rapprochement entre les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne. Un projet qui était déjà en gestation depuis bien longtemps, et qu'il n'a pas initié. Autant dire qu'il n'y a pas mort d'homme !
Oui, objecte-t-on ici ou là. Mais nous sommes dans un Etat de droit avec des règles de déontologie. C'est certain. Et ces règles d'éthique méritent peut-être aussi de prendre en compte cette réussite qu'est devenue BPCE sous la férule de François Pérol. Depuis trois ans, on ne parle que d'un simple changement de poste, mais jamais du challenge incroyable qui a consisté à créer l'un des cinq grands acteurs français de la banque à partir de réseaux mutualistes, en pleine crise financière, et sans dégât social. Si bien que BPCE est aujourd'hui l'une des principales banques des collectivités locales, des PME, des TPE, des artisans et du financement de l'immobilier. Autrement dit, c'est un maillon essentiel de l'économie française qui a été bâti sans forceps ni douleur, et en dépit d'une conjoncture détestable.
Plutôt que de voir cet atout, certains se réjouissent que soit rouvert un micro-débat juridico-judiciaire sur les conditions de la nomination de François Pérol. Faut-il être allergique à la réussite, aux challenges et aux enjeux financiers du moment pour devoir faire face à une telle inversion des valeurs ?
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17/09/2021 - 10:31

