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Le Footsie atteint un record historique malgré le Brexit
Si l'indice phare de la bourse de Londres était en recul de plus de 1% aujourd'hui, sur fond de baisse généralisée des places financières mondiales, causée par les bourdes à répétition du président américain, il a tout de même atteint hier soir un record historique. Le Footsie a ainsi clôturé à 7503,47 points, franchissant donc à la hausse le seuil symbolique des 7500 points. Un niveau qu'il n'avait jamais atteint depuis sa création en 1984.
Une telle performance est à première vue étonnante, puisque la place boursière du pays a rarement connu une telle incertitude, alors que les britanniques ont décidé de sortir de l'UE, il y a bientôt un an. Or, l'indice a progressé de près de 22% depuis le fameux référendum, et la hausse s'est même accélérée à la mi-avril. La chute de la livre post 23 juin a notamment permis ce rallye de l'indice boursier britannique, les investisseurs anticipant une accélération des exportations du pays, grâce à la faiblesse de la devise. La sterling a effectivement reculé de 14,5% contre l'euro entre le 22 juin 2016 et le 11 octobre 2016, passant de 1,2987 à 1,1096. "La chute de la devise britannique a permis de soutenir la valeur des profits en livre réalisés à l'étranger par les multinationales, entraînant un véritable rallye boursier au cours des mois suivant le référendum", explique ainsi Jonathan Loynes, chef économiste chez Capital Economics.
La hausse de l'indice a même accéléré depuis la fin d'année dernière, sous l'effet du rebond des matières premières puisque quatre des dix plus grosses capitalisations de l'indice appartiennent au secteur énergétique (Shell, BP, British Gas et BHP Billiton). Mais la poursuite du rallye ces dernières semaines, jusqu'au record d'hier soir est plus étonnante, alors que la livre s'est stabilisée contre les principales devises mondiales. La devise s'échangeait aujourd'hui à 1,17 contre l'euro et évolue dans une fourchette comprise entre 1,13 et 1,19 depuis maintenant près de 6 mois. Selon les équipes de Nomura, la bonne tenue du marché action s'explique donc non seulement par la faiblesse de la devise du pays mais également par l'annonce de Theresa May d'élections anticipées le 8 juin prochain. Selon les analystes de la banque japonaise dans une note publiée mi-avril, les investisseurs espèrent en effet avec ces élections, que la premier ministre pourra renforcer sa majorité conservatrice au sein du Parlement, et ainsi faciliter l'avancée des négociations sur le Brexit au sein de son pays. En janvier dernier, la cour suprême du pays avait effectivement annoncé que les MPs britanniques devraient être consultés avant de déclencher l'article 50 du traité de Lisbonne, et tout au long des négociations avec Bruxelles. Si, comme les instituts de sondage le prévoient, Theresa May remporte une large majorité le 8 juin prochain, elle aura donc moins de mal à faire accepter les mesures phare des négociations auprès des élus du pays.
Malgré l'optimisme des investisseurs, le rallye de l'indice londonien devrait bientôt prendre fin, estime Jonathan Loynes. D'une part parce que la livre est désormais stabilisée. Ensuite parce que le pays a montré les premiers signes de ralentissement économique : le PIB britannique n'a progressé que de 0,3% au premier trimestre, contre 0,7% sur les trois derniers mois de 2016, en raison du recul de la consommation des ménages, pénalisés par la hausse des prix. Et l'inflation devrait continuer de progresser et de miner le pouvoir d'achat des ménages. "Sans une nouvelle baisse prononcée de la livre, nous ne pensons pas que le Footsie pourra grimper davantage", explique le chef économiste. Selon lui, il devrait terminer l'année autour de 7500 points, mais pourrait se reprendre en 2018 et finir à 7750 points, l'économiste anticipant une accélération de la croissance britannique l'an prochain. Tout dépendra cependant de la tournure que prendront les négociations avec Bruxelles...
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