Liborgate : deux banques françaises sous le feu des projecteurs
EXCLUSIF.
Selon le FT, des traders du Crédit Agricole, de la Société Générale, de Deutsche Bank et de HSBC auraient été mis en cause par un employé de Barclays. Les établissements jouent la coopération.
Le scandale du Libor relève de la délinquance financière de haut vol, a estimé ce matin sur Europe 1, Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget. Ce dernier a également ajouté qu'il était sur la même longueur d'onde que les britanniques : les personnes impliquées dans cette affaire de manipulation de taux interbancaire mériteraient la prison.
Ces déclarations tonitruantes interviennent en pleine agitation, alors que ce matin le Financial Times a révélé que quatre grandes banques européennes, dont deux françaises, pourraient être impliquées dans le dossier de manipulation du Libor, et de son équivalent européen l'Euribor. Le média, qui cite des sources proches de l'enquête, rapporte qu'un trader qui fut chez Barclays de 2005 à 2007, Philippe Moryoussef, actuellement interrogé par les autorités, aurait contacté un certain nombre de collaborateurs d'autres banques. Un document du régulateur américain, la CFTC, se contente de dire qu'un employé a "orchestré un effort pour aligner les stratégies d'échanges des traders de multiples banques (...) dans le but de profiter de leurs positions sur le trading de futurs".
Parmi les noms évoqués, celui de Michael Zriken du Crédit Agricole, de Didier Sander de HSBC et de Christian Bittar de la Deutsche Bank. Pour le moment, l'interlocuteur de Philippe Moryoussef à la Société Générale ne serait pas encore identifié. Tous auraient aujourd'hui quitté les postes qu'ils occupaient à l'époque des faits.
Les quatre banques ont choisi de jouer la carte de la coopération. Pour sa part, le Crédit Agricole rappelle qu'il n'était pas membre du panel Libor entre 2005 et 2009, puisqu'il l'a été seulement à partir de novembre 2010. Joint par Reuters, une porte-parole de la Société Générale a fait savoir qu'aucune "malversation n'a été découverte à se jour" et que la firme coopérait "pleinement".
Chez HSBC, la situation est plus tendue : la banque est en ce moment même également accusée de blanchiment et encourt une amende d'un milliard de dollars. Enfin, Deutsche Bank aurait proposé dimanche aux autorités européennes et suisses de coopérer totalement avec les enquêteurs afin d'éviter une condamnation trop lourde, en bénéficiant d'un statut de "témoin repenti", a expliqué le Spiegel.
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