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Macro-économie / Taux
Sur les marchés
Un marché européen des valeurs moyennes se prépare
C’est
parti ! Quinze jours à peine après son lancement officiel, le PEA-PME
compte déjà de très nombreux adeptes. A commencer par tous les professionnels
de la gestion collective, qui se sont rapidement engouffrés dans la brèche en
lançant ou réaménageant des fonds déjà existants pour les rendre éligibles.
Selon les données compilées par Mornigstar, à ce jour, il existe déjà pas moins
de 23 fonds éligibles au PEA-PME.
Une grande
manifestation organisée sous l’égide de l’AFG, l’Amafi, le Medef, Paris
Europlace et PME Finance est prévue ce matin, réunion-débat à laquelle le
ministre des Finances, Pierre Moscovici, le patron de l’AMF, Gérard Rameix et
Thibaut Lanxade, P-dg d’Aqoba et membre du conseil exécutif du Medef, doivent
notamment intervenir. L’occasion pour eux de rappeler les enjeux et les
ambitions de ce nouvel outil d’épargne destiné à aider les entreprises de
petite et moyenne taille, mais aussi les épargnants dans leur volonté de choisir
des placements de long terme.
Face à cet engouement, et compte tenu du contexte actuel en France mais aussi dans le reste de l’Europe, où l’intérêt pour les valeurs moyennes n’est pas moins vif, plusieurs annonces devraient être faites ce matin concernant le projet de création d’un marché européen des valeurs moyennes. A l’origine de ce projet, la volonté de Bercy de donner plus de profondeur au marché français, toujours à la peine pour s’adjoindre de nouvelles pépites et pour convaincre les investisseurs de venir massivement. En donnant une dimension plus internationale à ce segment de la cote, la tâche serait, certes, facilitée pour attirer la manne des financiers. Depuis la création d’Enternext, la Bourse de Paris a repris son bâton de pèlerin pour convaincre les petites entreprises de se coter. Mais le résultat n’est pas encore très probant.
« Le marché des PME-ETI cotées est très étroit. Elles ne sont aujourd’hui en France que quelques centaines à êtres cotées sur plus de 130 000. Selon la dernière enquête menée conjointement par la SFAF et le Club des Marchés Financiers, plus de 95% des dirigeants et directeurs financiers sondés n’envisagent pas une introduction de leur société en bourse. La perte de contrôle est crainte pour 40% des dirigeants, tandis que le respect des règles de transparence décourage 30% des personnes interrogées. En revanche, près de la moitié des sondés seraient intéressés par une émission obligataire. Les obstacles associés à une introduction en bourse sont donc souvent perçus comme insurmontables et les initiatives institutionnelles dans ce domaine sont beaucoup trop timides pour élargir dans un avenir proche le vivier de sociétés candidates », indique Sandy Campart, directeur de l’IUP Banque
Finance Assurance de Caen, qui n’est guère plus optimiste sur la capacité du
PEA-PME à venir en aide aux plus petites entreprises.
Reste
à mettre en place ce marché européen des valeurs moyennes. A lui trouver une
base juridique, des actionnaires, des moyens et des hommes pour le faire
fonctionner. Par le passé, une initiative du genre a déjà été créée. Elle avait
pour nom l’Easdaq. Mais ce marché n’a pas survécu longtemps, en raison notamment
de la concurrence que lui ont fait subir le Nouveau Marché français mais aussi
le Neuer Market allemand. Au-delà de la démarche française, il faut
impérativement qu’une volonté paneuropéenne émerge dans ce sens. Condition sine
qua non pour tenter de fédérer les ambitions et aboutir à un projet solide.
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