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exclusif Gestion d'actifs : comment réguler les bonus de manière intelligente ?

EXCLUSIF. Un sondage CFA Institute montre que les professionnels de l'investissement sont contre un plafond, mais pas fermés à des solutions alternatives, comme allonger la période de référence du calcul du variable.
Bien que le Parlement européen se soit prononcé au début du mois contre le plafonnement des bonus des gestionnaires d'actifs, l'encadrement des variables reste d'actualité. C'est ainsi que CFA Institute, association des professionnels de l'investissement, a dressé une liste de recommandations pour montrer qu'il est possible de concilier les intérêts des investisseurs avec ceux des gérants de fonds UCITS. Pour mémoire, à la suite du plafonnement des bonus des banquiers à une fois leurs salaires fixes en début d'année, les législateurs avaient envisagé d'appliquer la même rigueur aux gestionnaires d'actifs. Mais une telle mesure aurait placé "les fonds européens en position de désavantage concurrentiel par rapport à leurs homologues internationaux" et obligé "les sociétés de gestion à augmenter la part fixe des salaires pour essayer de rester compétitives", note CFA Institute. De par leur mode de fonctionnement, ce ratio est en effet loin d'être respecté. Par exemple, en France, les gestionnaires d'actifs gagnant plus de 1 million d'euros dans les banques en 2011 ont affiché un ratio variable/fixe de 467%, selon l'Autorité européenne bancaire. La proposition qui a obtenu le plus de suffrages (61%) parmi les 768 directeurs d'investissement, directeurs généraux et autres analystes des ventes interrogés par CFA Institute est l'augmentation de la période de rétention couplée à un allongement de la période de référence pour le calcul de la part variable. Autre piste suggérée : accroître la transparence des primes et des bonus "de manière à ce que les investisseurs finaux puissent comparer et faire des choix éclairés sur les fonds dans lesquels ils investissent". Proposition qui a été retenue par 19% des répondants. De la même manière, l'idée de récupérer les variables lorsque les fonds sous-performent leur indice de référence -ce qui permettrait de réduire les frais globaux- est plébiscitée à hauteur de 13% par les professionnels de l'investissement. CFA Institute a pour sa part retenu également deux autres grandes réponses pour résoudre l'équation. L'association propose de mettre en place des seuils de "high watermarks" (plus haute valeur historique) afin que les gérants "ne perçoivent pas d'importantes sommes d'argent en cas de mauvais résultats". Enfin, il conviendrait de demander aux gestionnaires d'actifs d'investir dans leurs propres fonds, afin de garantir un meilleur alignement de leurs intérêts avec ceux de leurs clients.
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