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Sur les marchés
Tikehau finalise une augmentation de capital d’au moins 100 millions d’euros
Tikehau poursuit, petit à petit, sa construction d’un leader européen de la gestion diversifiée. Alors qu’il a conclu fin mars un partenariat avec Amundi, aux termes duquel ce dernier a pris 12,8% de sa société de gestion TIM et 7,3% de sa structure de tête, Tikehau Capital Advisors, l’investisseur s’apprête à boucler une augmentation de capital de sa structure intermédiaire, Tikehau Capital Partners. Celle-ci serait légèrement supérieure à 100 millions d’euros et souscrite par les actionnaires existants. Par ailleurs, Tikehau va faire entrer deux nouveaux institutionnels, dont un français et un étranger.
Cette opération est révélatrice du nouvel appétit des institutionnels, dans un environnement de taux bas et de surliquidité, pour des produits rémunérateurs avec un facteur risque raisonnable. Notamment dans la dette privée, un des deux métiers phares de Tikehau investment Management. Par ailleurs, elle démontre la reconnaissance des compétences de la firme fondée et emmenée par Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, qui après s’être institutionnalisée l’an passé, cherche désormais à s’internationaliser. Le groupe, qui a ouvert un bureau à Londres et a pris 35% du fonds de private equity britannique Duke Street, projette d’ouvrir trois bureaux, dont un en Asie et deux en Europe continentale. L’Italie est d’ores et déjà en ligne de mire.
Par ailleurs, fidèle à son credo d’opportunisme et d’entrepreneuriat, Tikehau a multiplié les initiatives sur ses différentes classes d’actifs. Il est ainsi en train de lever un fonds dédié aux leveraged loans classiques, qui a déjà bouclé un premier closing à 100 millions d’euros et vise un peu plus de 200 millions. A côté de cela, Tikehau Direct Lending, un véhicule de financement direct, flexible et qui peut intervenir sur toutes les tranches, ambitionne de collecter entre 500 et 750 millions d’euros.
Sur le marché obligataire, le resserrement des spreads a impacté l’attractivité du segment : Tikehau n’a participé qu’à 20-25% des émissions high yield de ce début d’année, un point bas proche des niveaux de 2007, mais réfléchit à un fonds long-short crédit pour tirer parti du marché. Son fonds d’allocation d’actifs, qui s’adapte et peut intervenir en crédit comme en equity et ne gère que 30 millions d’euros, devrait bientôt connaître un regain de commercialisation. Tikehau suit d’ailleurs de près le segment CLO et compte profiter de sa taille de bilan en expansion pour pouvoir se positionner, tout en respectant les règles de l’EBA sur les rétentions d’actifs dans ce type de métier.
L’immobilier est également en vue : si Tikehau reconnaît avoir « raté le train » sur les actifs immobiliers espagnols décotés, il a bouclé une première opération en début d'année en mettant un ticket de 80 millions d’euros d’equity pour 17 immeubles du groupe Elis, qui ont fait l’objet d’un bail de 15 ans. En Espagne, il travaille par ailleurs sur une emplette d’acteur présent dans des prises de participation minoritaires dans le pays.
Si l’on ajoute à toutes ces casquettes l’investissement en equity coté, dont il souhaite tirer parti notamment sous la houlette de Salvepar, Tikehau ne gère pas moins de 3,5 milliards d’euros, 4 milliards en intégrant les fonds propres. Il a déjà ajouté 500 millions à sa besace cette année et visait 2 milliards d’euros de collecte en 2014, mais espère davantage depuis son deal avec Amundi. Le but est d’arriver à 10 milliards d’euros sous gestion, un seuil considéré comme indispensable pour entrer dans le spectre des grands argentiers, notamment les fonds souverains.
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