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Natixis, ambitieux à l'horizon 2020
Natixis vient de publier les grandes lignes de son nouveau plan stratégique à trois ans. Ce programme s’inscrit tout à la fois dans la continuité et la disruption par rapport au précédent. Parmi les grandes lignes présentées celle de renforcer sa rentabilité des capitaux propres en visant au terme de la période 2018-2020 un ROTE compris entre 13% et 14,5% (contre 11,5%/13% sur la précédente période). La banque vise en parallèle une croissance annuelle de 5% de ses revenus de même qu'un taux de distribution de ses bénéfices (pay-out) d'au moins 60% contre 50% précédemment. Elle anticipe, enfin, un free cash-flow d’environ 4 milliards d'euros dont un milliard pourrait servir à financer des acquisitions.
Autre grand axe de développement identifié par les dirigeants de la banque : la gestion d’actifs. Confirmant des velléités de croissance externe nées des rumeurs évoquant un possible rapprochement avec Axa IM, le groupe indique vouloir "participer au mouvement de consolidation de l'industrie de manière disciplinée". Autrement dit, pas d’opérations trop onéreuses ou qui ne présenteraient pas suffisamment de synergies. En revanche, les objectifs chiffrés dans ce domaine d’activités sont ambitieux : Sur la période 2018-2020, la banque vise une collecte nette de plus de 100 milliards d'euros et environ 1.000 milliards d'euros d'encours sous gestion à fin 2020. A fin septembre, son portefeuille d'actifs gérés s'élevait à 813 milliards d'euros. Au menu des réformes envisagées pour tenir ces ambitions : étendre son réseau de distribution, utiliser au mieux le réseau BPCE, développer la plateforme Asie/pacifique, changer de marque pour une meilleure visibilité. De la sorte Natixis Global Asset Management (NGAM) devient Natixis Investment Managers (NIM).
Dans la continuité du précédent plan stratégique, la banque envisage de se renforcer dans les activités moins consommatrices de fonds propres et de réduire la part des activités bancaires alors qu’au contraire, elle souhaite renforcer ses expertises en banque de financement et d'investissement dans quatre secteurs prioritaires : l'énergie et les ressources naturelles, l'aviation, les infrastructures et l'immobilier. Plus spécifiquement, la chasse aux actifs non stratégiques sera l'occasion de réaliser des arbitrages. Parmi ceux-ci, la vente de la participation de 41% de l'établissement bancaire dans la Coface est d'ores et déjà évoquée par Laurent Mignon, le patron du groupe. Du côté des services financiers spécialisés, trois grosses ambitions : accroître de 24% la production de la branche crédit à la consommation ; développer l’affacturage (avec une production en hausse de 57%) et accélérer dans l’épargne salariale avec un gain de 28% du nombre de clients entreprise.
Plus globalement Natixis fonde donc son avenir sur trois piliers : la différence, la flexibilité et la générosité vis-à-vis de ses actionnaires. Une feuille de route que la direction de la banque présente plus en détail aujourd’hui dans le cadre d’une journée investisseurs à Londres mais qui ne semble pas avoir encore convaincu le plus grand nombre, le titre Natixis s’inscrivant dans le rouge ce lundi matin (il perd environ 2% actuellement, réduisant à 20% sa progression depuis le début de l’année).
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