17 sociétés françaises attaquées par un hedge fund
Raymond Dalio avait prévenu, lors du Forum Economique de Davos et encore il y a quelques jours : les marchés ont été très complaisants, le resserrement monétaire de la Fed sera difficile et les risques de récession montent d’ici 18 à 24 mois. Le patron fondateur de Bridgewater Associates, le plus gros hedge fund au monde avec 160 milliards de dollars sous gestion, est convaincu que 2018 sera une année négative pour les marchés, et n’a pas tardé à mettre ses convictions en œuvre. Le hedge fund a ainsi publié la liste de ses positions short prises dans les dernières semaines en Europe, une obligation de publication qui n’existe pas aux Etats-Unis.
Et les chiffres sont éloquents : le hedge fund qui prône la « transparence radicale » a pris 21,83 milliards de dollars de paris à la baisse contre des sociétés européennes cotées, 59 au total. Et notamment contre 17 groupes français, pour un total de 4,5 milliards de dollars. Parmi ses deux positions short à plus d’1 milliard de dollars figurent le Hollandais Unilever (1,032 milliard) et le Français Total (1,017 milliard, soit 0,72% du capital). Les financières, qui pourraient pâtir d’une hausse des taux au plan mondial, sont également attaquées avec BNP Paribas (628 millions, 0,65%), Société Générale (318 millions, 0,72%) et Axa (458 millions et 0,62%).
Bridgewater Associates a également shorté de grands fleurons industriels français comme Air Liquide (366 millions, soit 0,66% du capital), Saint-Gobain (205 millions et 0,77%), Engie (198 millions et 0,53%), Safran (268 millions et 0,62%), Vinci (389 millions et 0,67%), Schneider Electric (332 million et 0,66%) et Airbus (411 millions et 0,52%).
Enfin, le hedge fund a identifié des Français leaders mondiaux de leur secteur comme autres cibles : Sanofi (627 millions et 0,64% du capital), Danone (352 millions et 0,67%), Orange (245 millions et 0,56%), Essilor (203 millions et 0,71%), Vivendi (191 millions et 0,56%) et enfin ST Micro (97 millions, soit 0,5% du capital).
Raymond Dalio est connu pour ne pas faire de stock-picking, mais plutôt identifier des tendances macroéconomiques, et choisir ses investissements par ce biais. Dans ce cadre, le hedge fund semble donc avoir parié contre des groupes français qui ont de fortes expositions internationales, et seront donc concernés de près par les potentiels remous de l’économie et le retour de la volatilité qu’il anticipe cette année.
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