En 2013, misez sur... la Grèce ?
EXCLUSIF.
Les analystes de Natixis recommandent d'acheter de la dette hellène cette année. Le programme de rachat de dette a réussi et les perspectives de croissance du pays s'améliorent.
Qui l'eut cru ? Alors qu'il y a un peu plus d'un an, le mot " Grexit " était sur toutes les lèvres, la Grèce est désormais considérée comme un placement intéressant pour les investisseurs. C'est même l'un des pays périphériques qui obtient le meilleur avis des analystes de Natixis, dans leur panorama annuel des dettes souveraines de la zone euro.
Ainsi, après une année noire et l'arrêt presque total de l'économie au moment des élections, les économistes estiment que les perspectives du pays vont s'améliorer en 2013, avec la réussite du programme de rachat de dette (qui a permis de réduire le ratio dette/PIB de 10 points), une reprise des exportations et une forte réduction de la balance courante. Les privatisations vont s'accélérer selon les analystes: le pays s'est engagé à lever 1 milliard d'euros cette année sur une dizaine d'opérations, dont la majeure partie aura lieu ce semestre.
Du côté des banques, la Banque centrale grecque estime que les besoins de recapitalisation des 14 institutions financières du pays s'élèveront à 40,5 milliards d'euros entre 2012 et 2014. Les 50 milliards prévus dans le plan d'aide et déjà versés seront donc suffisants pour renforcer le système bancaire. Tout ceci devrait favoriser la relocalisation de certaines entreprises, qui s'étaient retirées au plus fort de la crise (Unilever, Philip Morris etc).
Côté budgétaire, le pays devrait finalement faire mieux qu'attendu en 2012. Le déficit primaire, attendu initialement à 1,5%, devra terminer sa course à 1,2% -1,3%. Ce qui signifie que malgré une récession beaucoup plus forte que prévu (-6%), le déficit global ressortirait 0,5 point sous la cible de la Troïka, autour de 6,6%. Dans ce contexte, le déficit devrait rester orienté à la baisse en 2013, avec un objectif de 4,6% en 2013, notamment grâce à un effort budgétaire de 9,2 milliards d'euros. Au cas où le taux d'endettement déraperait (il devrait atteindre un pic de 173% du PIB cette année), les dirigeants européens se mettront sans doute d'accord sur une nouvelle participation du secteur public.
Tout ceci a permis au pays de voir sa note remonter de 6 points, à B- assortie d'une perspective stable. Les rendements des titres grecs en ont par conséquent largement profité et se sont resserrés de 90 à 100 points de base, et le dix ans atteint désormais environ 11%. Les analystes comptent cependant attendre le prochain Eurogroupe le 21 janvier, lorsque les autorités européennes statueront sur le versement de la dernière tranche d'aide de 14,8 milliards d'euros, avant de racheter des titres hellènes.
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17/09/2021 - 10:31

