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Rentabilité au beau fixe pour Danone
Les années se suivent et ne se ressemblent pas chez Danone qui, après avoir connu un exercice 2016 mitigé, essentiellement perturbé par le pôle produits laitiers, enregistre au titre de 2017 une forte progression de sa rentabilité. Certes l’activité est toujours ralentie par cette même division. Le chiffre d’affaires global du groupe ne s’accroît donc que de 2,5% malgré les opérations d’acquisition. Il a cependant nettement accéléré au second semestre, signant une croissance organique de 4%, avec une hausse de 3,7% sur le seul quatrième trimestre.
En fait, c’est surtout le pôle nutrition infantile (+9,3% l’an passé) et plus spécifiquement en Chine qui donne toute satisfaction au groupe dirigé par Emmanuel Faber. La zone asiatique s’est également révélée très demandeuse d’eau. Fort de cette dynamique retrouvée sur ce continent et de synergies liées à l’intégration de WhiteWave, Danone annonce ainsi une forte progression de son résultat opérationnel (+7,8% à 3,54 milliards d’eruos), la marge d’exploitation bondissant de 70 points de base à 14,36%.
Performances pour le moins rassurantes alors que nombre d’analystes craignaient que le groupe ne parvienne pas à endiguer la faiblesse de son activité phare, celle des produits laitiers. Pour contrebalancer cette tendance (toujours vivace en Europe et aux Etats-Unis), la société a certes bâti des contre-feux. En se positionnant sur de nouveaux créneaux comme celui du bio avec l’Américain Whitewave ou en mettant l’accent sur des zones prometteuses comme l’Afrique. Elle a également fait la chasse aux « gaspi » en réduisant ses coûts de production et de fonctionnement.
"Notre travail continu pour accélérer la croissance et améliorer notre efficacité nous donne confiance. Pour 2018, une nouvelle amélioration de la rentabilité est attendue grâce au programme d'économies annoncé en 2017 et à l'intégration de l'américain WhiteWave », a d’ailleurs souligné ce matin Cécile Cabanis, la directrice financière du groupe. D’où son anticipation d’une nouvelle croissance à deux chiffres de son bénéfice net courant pour cette année, hors effet de la cession de sa part dans le japonais Yakult, annoncée en début de semaine et qui devrait lui rapporter 1,4 milliard d’euros. Opération qui démontre bien la volonté de la firme agroalimentaire de rationaliser ses participations et partenariats en vue d’optimiser son profil financier.
Depuis le début de l’année, le titre Danone se traîne en Bourse affichant un recul de 6,8%, malgré la hausse de 1,5% de ce vendredi. Les résultats 2017 traduisent une réelle amélioration des marges bénéficiaires de l’entreprise. Les analystes et investisseurs vont-ils entendre ce message ? Si la valeur ne fait guère d’étincelles (surtout depuis 6 mois) c’est sans doute parce qu’elle a perdu son intérêt spéculatif. Le Premier ministre comme celui de l’Economie ont effectivement plusieurs fois déclaré qu’ils ne laisseraient pas partir à l’étranger nos principaux fleurons, envoyant ainsi des messages très clairs à quiconque aurait eu l’intention de lancer une OPA hostile sur Danone. Du coup, le géant français ne peut dorénavant compter que sur ses attraits financiers et stratégiques pour doper son cours de Bourse.
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