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exclusif Bonus : Londres fait de nouveau cavalier seul

EXCLUSIF. Cherchant à préserver l'attractivité de la place londonienne, le régulateur britannique s'est prononcé en faveur d'une exemption de la limitation des bonus pour les firmes de trading haute fréquence.
Une nouvelle fois, les britanniques se désolidarisent des européens en matière de régulation financière, cherchant à préserver coûte que coûte les intérêts de la City. La Financial Conduct Authority s'oppose, en effet, frontalement à la mise en place de bonus limités pour les firmes de trading haute-fréquences. Ces firmes, qui opèrent pour leur compte propre et utilisent des schémas algorithmiques, craignaient d'être soumises à la directive CRD IV - un paquet de mesures capitalistiques visant à réduire les risques de défaut des banques et autres organisations financières. Concernant les traders, CRD IV prévoit notamment de limiter la part variable de leur rémunération à 100% de leur rémunération fixe, voire 200% si les actionnaires y consentent. Ce faisant, la réglementation européenne réduirait drastiquement la rémunération des traders dans les firmes de HFT, où la rémunération est fortement corrélée aux performances. Toutefois, la FCA préconise une exemption pour les entreprises de HFT dont le total des actifs gérés est inférieur à 15 milliards de livres (17,75 milliards d'euros), estimant que les risques que font peser ces entreprises aux marchés sont minimes du fait de leur masse salariale peu importante. Une prise de position étonnante quand on sait que ces firmes réalisent 40% des transactions sur le marché boursier européen. Surtout, la position adoptée par la FCA permettrait à ces entreprises d'effectuer leur propre diagnostic pour déterminer si elles doivent être assujettis à la limitation des bonus. " C'est un soulagement incroyable pour l'ensemble de l'industrie " analyse Rob Moulton, associé au sein du cabinet d'avocats Ashurst. Un soulagement également pour l'état qui ne souhaite pas voir ces entreprises s'exiler dans des juridictions plus clémentes à leur égard, à l'image de la Suisse, où certaines d'entre elles ont établi des sociétés écrans. Outre Manche, la limitation des bonus dans le monde de la finance n'est pas seulement remis en cause par la sphère financière ; le gouvernement a déposé le mois dernier un recours devant la Court Européenne de Justice dans lequel il estime que la limitation de la part variable des rémunérations est de nature à déstabiliser profondément l'industrie financière.
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