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Le tempo de la croissance chez Netflix déçoit / Quelques réserves se dessinent aussi sur l'engagement de son audience

En dépit d’une croissance à deux chiffres, le géant du streaming a été sévèrement sanctionné en Bourse dans la foulée de sa publication trimestrielle. En cause, une dynamique en ralentissement, qui devrait encore faiblir au trimestre suivant. Quelques indices sur l’engagement de ses audiences pourraient aussi nourrir des inquiétudes pour la suite.
(Photo : Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo : Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Netflix a manifestement laissé les investisseurs sur leur faim. Voire créé quelques inquiétudes chez eux. Le géant du streaming a décroché de 8 % dans les échanges électroniques d’après-clôture à Wall Street jeudi soir, après avoir révélé sa publication du deuxième trimestre. À une heure de l’ouverture de la Bourse new-yorkaise, le recul s’est creusé à près de 10 %, laissant augurer une séance chahutée. Pourtant, rien de catastrophique dans les comptes de la firme californienne, au contraire : les taux de croissance s’affichent à deux chiffres, tant du côté des revenus (en hausse de 13,4 % en glissement annuel, à 12,5 milliards de dollars) que de celui du résultat d’exploitation (en hausse de 11 %, à 4,2 milliards de dollars). La marge s’affiche quant à elle à 33,4 %. L’entreprise a aussi maintenu ses prévisions annuelles, soit des revenus situés entre 51 et 51,4 milliards de dollars, ce qui représenterait une hausse de 13 % à 14 % sur un an.

Les indicateurs trimestriels sont, en revanche, ressortis quelque peu inférieurs aux attentes. Surtout, la progression du chiffre d’affaires ressort plus faible qu’au deuxième trimestre de 2025, où elle s’était affichée à 15,9 %. Et pour le trimestre à venir, Netflix prévoit qu’elle ralentira encore, puisque son chiffre d’affaires devrait progresser de 11 % - ceci alors que certaines augmentations tarifaires ont aussi vu le jour récemment.

 

Un espacement qui interroge

 

Un autre détail pourrait avoir attiré l’attention des marchés. Depuis le premier trimestre de 2025, Netflix ne publie plus son nombre d’abonnés. Un indicateur jugé volatil, qui était pourtant très surveillé par les marchés. Néanmoins, il publie un rapport d’engagement de manière semestrielle, permettant ainsi de rendre compte de l’activité de ses utilisateurs sur la plateforme. Ainsi, au premier semestre de 2026, les membres de Netflix ont visionné 97 milliards d’heures sur la plateforme, traduisant une hausse de 2 % sur un an (et un rythme de croissance comparable à celui de + 1,5 % enregistré en 2025), « en dépit de l’impact compétitif des Jeux Olympiques d’hiver et de la Coupe du Monde cette année », assure Netflix.

Mais voilà, à compter du premier trimestre de 2027, ce rapport ne sera publié plus qu’une fois par an. « Aujourd’hui, après avoir maintes fois souligné l’importance de l’engagement, la société qualifie cet indicateur de « nuancé » et va réduire sa transparence à ce sujet », commente par exemple Matthew Dolgin, analyste chez Morningstar, dans une note publiée à ce sujet. « Le discours dominant est que l’activité de Netflix se détériore. La décision de la direction de réduire la publication de son rapport d’engagement ne peut que renforcer cette opinion. Nous pensons que c’est la principale raison de la forte baisse à un chiffre du cours de l’action après la clôture », poursuit-il. Netflix explique de son côté cette décision par le fait de vouloir séparer la publication de son rapport et de ses résultats, afin de garder l’attention sur son chiffre d’affaires et son résultat opérationnel.

Le marché pourrait, au regard de ces différents éléments, ainsi avoir des doutes quant à la capacité de l’entreprise à maintenir un rythme de croissance à deux chiffres à long terme, relève l’analyste, pouvant entraîner une réaction immédiate. Les dirigeants de Netflix ont toutefois voulu rassurer quant à ce sujet. Interrogé en conférence par un analyste sur le ralentissement enregistré, et celui prévu pour le trimestre suivant, le directeur financier de la firme, Spencer Adam Neumann a indiqué : « Nous ne gérons pas l’entreprise trimestre après trimestre ». Il a indiqué que les moteurs de croissance restaient les mêmes, à savoir la hausse des revenus d’abonnements, grâce à l’augmentation de leur nombre, de leurs prix, ainsi qu’aux revenus publicitaires. Une dernière activité relativement nouvelle, Netflix prévoyant qu’elle générera 3 milliards de dollars de revenus en 2026, ce qui impliquerait un doublement de ceux-ci.

 

Gages de réassurance

 

« Nous avons pénétré près de 45 % des foyers cibles dans le monde, soit environ 800 millions de foyers. Nous ne captons, selon nos estimations, que 7 % du marché potentiel en termes de revenus. Ce marché représente environ 670 milliards de dollars de revenus potentiels dans les pays et les secteurs où nous sommes présents aujourd’hui. Nous estimons ne détenir qu’environ 5 % des parts d’audience télévisuelle mondiales. Nous respectons donc notre plan 2026 et sommes convaincus d’avoir un potentiel de croissance important devant nous », a assuré le dirigeant.

En termes de contenus, la série His & Hers (104 millions de vues) et la saison quatre de Bridgerton (100 millions de vues) ont été les plus grands succès du premier semestre. À titre de comparaison, selon le rapport d’engagement du premier semestre de 2025, la série Adolescence, qui était le plus grand carton, avait cumulé 145 millions de vues sur la même période, tandis que la dernière saison de la série sud-coréenne Squid Game avait atteint 72 millions de vues en seulement quatre jours, car sortie à la toute fin du mois de juin sur Netflix. En revanche, lors du deuxième trimestre de 2026, Netflix a enregistré de bonnes performances sur les diffusions de vidéos de podcast. Le mois dernier, il a aussi approfondi sa programmation locale, notamment en France, avec le partenariat noué avec TF1 – qui permet aux abonnés d’avoir accès aux expériences de la chaîne sans coût additionnel. « C’est encore tôt, mais nous sommes ravis des performances initiales », a indiqué Netflix. Et d’assurer que de nouveaux contenus, au succès anticipé, allaient apparaître sur la plateforme au troisième trimestre, comme le film 72 Heures avec Kevin Hart, ou The Whisper Man avec Robert de Niro.

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