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PME / défaillances d'entreprises

Les défaillances d’entreprises accélèrent le pas / La dynamique se tend chez les grandes PME

L’année 2026 ne commence pas sous les meilleurs auspices pour les entreprises françaises, puisqu’un nombre record d’entre elles à être en difficulté a - de nouveau - été atteint. Si les TPE concentrent la majorité des procédures collectives à avoir été ouvertes au fil du premier trimestre, la tendance chez les PME de 20 à 99 salariés apparaît tendue. Les tendances sont aussi contrastées en fonction des secteurs.

Si le rythme de progression des défaillances d’entreprises avait décéléré en fin d’année dernière, cela ne les avait pas empêchées d’atteindre un nouveau record. L’année 2026 débute en suivant la tendance. Avec 18 986 procédures collectives ouvertes entre janvier et mars, le premier trimestre de l’exercice se clôture sur une progression de 6,4 % des défaillances sur un an, recense le dernier rapport d’Altares sur le sujet. Ainsi, sur douze mois glissants, la sinistralité a atteint un nouveau plus haut, portant le nombre de défauts à 71 100.

« Au cours de ce trimestre, plus de 300 chefs d’entreprise se sont présentés chaque jour ouvré devant le tribunal afin de demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de sauvegarde, ou, parfois à bout de ressources financières et morales, envisager une liquidation judiciaire. Les trois quarts d’entre eux dirigent de très petites entreprises, le plus souvent anciennes et donc riches d’expérience. Au-delà de la disparition de savoir-faire, ces défaillances entraînent de lourdes conséquences sociales : emplois directement supprimés ou fragilisés, mais aussi effets indirects sur les fournisseurs, les sous-traitants et plus largement sur l’écosystème économique local », alerte Thierry Millon, directeur des études Altares. Cette tendance menace en effet 75 000 emplois, note l’étude, soit « du jamais vu depuis la crise de 2009 ».

Dans l’ensemble, les redressements judiciaires ont accusé une hausse de 13,6 % au titre du premier trimestre (5 767 d’entre eux), « traduisant une aggravation des difficultés financières, mais offrant une possibilité accrue de préserver l’activité et l’emploi », souligne Altares. Les ouvertures de sauvegarde, bien qu’en hausse de 2,7 %, ne représentent que 2 % de l’ensemble des procédures, tandis que les liquidations judiciaires directes sont les plus nombreuses (12 838), mais constituent désormais à peine plus d’une procédure sur trois – contre un quart en 2022 et 2023 – et ont modérément augmenté de 3,6 %.

 

Les grandes entreprises se portent mieux

 

Si une amélioration s’est dessinée chez les petites PME, la tendance s’est particulièrement tendue chez celles de 20 à 99 salariés : elles représentent 519 des entreprises à avoir défailli ce trimestre, soit une progression rapide de 12,1 % sur un an. En revanche, les perspectives apparaissent plus favorables du côté des entreprises d’au moins 100 salariés. Quelque 54 défaillances ont été à signaler de leur côté, soit 10 de moins qu’au début de l’année 2025. À noter que près de neuf sur dix ont bénéficié d’une poursuite d’activité dans le cadre d’une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

« Ce premier trimestre n’est donc guère propice au rétablissement de la confiance, ni à la relance de l’investissement et de la consommation. Des poches de résistance subsistent néanmoins, notamment dans le secteur de la construction, qui concentre, rappelons-le, une défaillance sur quatre », observe Thierry Millon. Après de fortes tensions lors des précédents débuts d’année et bien que toujours nombreuses en volume, les défaillances dans le secteur se sont en effet presque stabilisées au premier trimestre de 2026 (+ 1,7 %).

En revanche, la tendance a dérapé dans les services aux entreprises et aux particuliers, en hausses respectives de 11,7 % et 17 % sur un an, tout comme dans le transport et la logistique, où la progression est de près de 13 %. Alors que celui de la restauration pourrait enfin rencontrer une accalmie, avec une tendance stable sur le trimestre (même s’il compte encore deux fois plus de défaillances d’établissements de restauration qu’il n’y en avait début 2022) et que l’industrie affiche aussi une résilience globale sur la période, celui du commerce a, quant à lui, de nouveau vu ses défaillances grimper, dans l’ensemble de ses verticales, en dépit de signes d’amélioration observés l’an passé. Les détaillants ont ainsi particulièrement été à la peine (2 209 procédures, en hausse de 3,7 %).

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