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Airbus termine 2025 en forte accélération / Des livraisons tenues, la génération de trésorerie en ligne de mire
Les chiffres arrêtent une image ; ils ne restituent pas la trajectoire. Avec 793 avions commerciaux livrés en 2025, en hausse de 4 % sur un an, Airbus clôt l’exercice légèrement au-delà de l’objectif de livraisons arrêté en fin d’année, fixée autour de 790 appareils. Un total qui agrège une fin d’année mouvementée. Cette performance ne peut en effet être pleinement comprise sans rappeler que la cible avait été révisée à la baisse en toute fin d’exercice, dans un contexte industriel soudainement devenu plus instable.
Une séquence marquée d’abord par une frayeur, après la détection d’une anomalie logicielle sur des A320 à la suite d’un incident sur un vol de JetBlue, ravivant brièvement les interrogations autour de la sécurité en vol. Cet épisode, particulièrement sensible pour l’avionneur, a toutefois été rapidement circonscrit et n’a pas eu de conséquences durables sur les opérations. Il a en revanche été suivi d’un second événement, moins spectaculaire mais plus pénalisant sur le plan industriel : la découverte de défauts de qualité sur des panneaux de fuselage fournis par le sous-traitant espagnol Sofitec Aero SL. Sans remettre en cause la sûreté immédiate des vols, les inspections et contrôles imposés ont pesé sur les cadences, rendant hors d’atteinte l’objectif initial de 820 livraisons fixé en début d’exercice.
La plus grande rigidité industrielle des long-courriers
Ces turbulances de dernière minute n’ont toutefois pas empêché Airbus de conclure l’exercice sur un mois de décembre d’une intensité exceptionnelle. En décembre 2025, l’avionneur a livré 136 appareils, un niveau supérieur à celui de décembre 2024, qui s’était établi autour de 123 à 124 livraisons, et qui constitue le meilleur mois de décembre jamais enregistré par le groupe. Sans égaler le record mensuel absolu de décembre 2019, avec 138 avions livrés, cette performance n’en demeure pas moins remarquable dans un environnement industriel post-pandémie nettement plus contraint, marqué par des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement.
Dans le détail, la famille A320 est restée le pilier industriel du groupe, avec 607 appareils livrés en 2025, en progression modérée par rapport à 2024. De son côté, le petit monocouloir A220 poursuit sa montée en puissance, avec 93 livraisons sur l’année, confirmant l’ancrage progressif du programme dans le dispositif industriel d’Airbus.
À l’inverse, les programmes long-courriers demeurent marqués par une plus grande rigidité industrielle. Les 57 A350 livrés en 2025 s’inscrivent strictement dans la continuité de 2024, tandis que les 36 A330 reflètent des cadences qui évoluent peu. Les long-courriers impliquent des lignes d’assemblage plus complexes en raison de technologies avancées comme les composites (70 % sur A350), nécessitant une maturation industrielle accrue et limitant la flexibilité. À la différence de l’A320, assemblé sur une dizaine de sites dans le monde, l’A350 et l’A330 s’appuient sur un nombre plus restreint de lignes d’assemblage final, dédiées à ces programmes, ce qui rend toute accélération nécessairement progressive. Airbus vise ainsi pour l’A350 une montée en cadence graduelle, de cinq à douze appareils par mois à l’horizon 2028.
Airbus domine les livraisons, Boeing les commandes
Ce niveau de livraisons a permis en tout cas à Airbus de conserver une avance nette sur Boeing, que l’avionneur européen devrait devancer en nombre d’appareils livrés pour la septième année consécutive. Les chiffres définitifs du constructeur américain pour 2025 ne seront arrêtés que dans les prochains jours, mais Boeing n’avait livré que 537 avions à fin novembre et pouvait viser un total proche de 600 unités sur l’ensemble de l’exercice. Un écart qui illustre la persistance d’un différentiel significatif entre les deux industriels sur le terrain de l’exécution.
La comparaison s’inverse en revanche sur le plan commercial. Boeing a repris l’avantage en matière de commandes en 2025, une première depuis 2018. À fin novembre, l’avionneur américain affichait déjà 1 000 commandes brutes et 999 nettes, là où Airbus revendique sur l’année 1 000 commandes brutes et 889 nettes.
L’activité commerciale de fin d’exercice alimente d’ailleurs les attentes autour de la génération de trésorerie. "Le FCF ajusté pourrait apporter une surprise favorable, la société tablant sur environ 4,5 milliards d’euros, compte tenu de la vigueur des prises de commandes dans le civil comme dans le militaire", souligne Oddo BHF dans une note récente. Le bureau d’analystes cite notamment la commande de 100 hélicoptères et de 18 avions de transport militaire C295 par le ministère espagnol de la Défense. Dans le civil, Airbus a également sécurisé en fin d’année une commande de 60 A320neo avec Air China. D’autres annonces en provenance de Chine, en revanche, n’ont pas été finalisées à temps pour intégrer le carnet publié.
La traduction financière de cette séquence, entre tensions industrielles de fin d’année et dynamique commerciale soutenue, sera scrutée de près lors de la publication des résultats annuels, attendue le 19 février.
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