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Levées de fonds / Jeito Capital

Levées de fonds
Jeito Capital

Jeito Capital pilote un tour de table d’envergure dans les maladies neuro-métaboliques / Azafaros, une biotech néerlandaise prometteuse, soutenue par une équipe de premier plan

Dans une année 2025 déjà marquée par plusieurs investissements stratégiques, Jeito Capital poursuit sa dynamique avec un tour de table sursouscrit de 132 millions d’euros pour Azafaros, une biotech néerlandaise dédiée aux maladies rares et neuro-métaboliques. Un projet à fort potentiel, soutenu par une équipe de premier plan.
Rafaèle Tordjman, la fondatrice et présidente de Jeito Capital
Rafaèle Tordjman, la fondatrice et présidente de Jeito Capital

Le fonds Jeito Capital de Rafaèle Tordjman poursuit ses investissements à un rythme soutenu. Il vient de diriger le financement sursouscrit de série B d'Azafaros, une biopharma développant des thérapies innovantes pour les maladies neuro-métaboliques héréditaires rares, pour un montant de 132 millions d’euros. Ce tour de table fait suite à une série d’investissements déjà réalisés cette année, marquée par des prises de participation dans Aviceda Therapeutics et XyloCor Therapeutics, respectivement spécialisées dans les maladies de la vision et les pathologies cardiovasculaires, ainsi que dans Callio Therapeutics, focalisée sur les anticorps contre le cancer, et la biotech belge Augustine Therapeutics, dédiée aux maladies neuromusculaires.

"Azafaros correspond parfaitement à notre stratégie, c’est typiquement le type de société que nous ciblons : une biotech européenne, positionnée sur des maladies graves et orphelines, pour lesquelles il n’existe aujourd’hui aucun traitement efficace. Nous investissons à un stade déjà avancé, puisque leur candidat-médicament principal entre en phase 3. C’est une étape clé, qui témoigne d’un certain degré de maturité. Par ailleurs, l’équipe dirigeante est de très haut niveau, du CEO au directeur médical, en passant par le président du conseil d’administration. Tous disposent d’une expérience solide, spécifiquement dans le traitement des maladies rares, génétiques", explique à WanSquare, Rafaèle Tordjman, la fondatrice et présidente de Jeito Capital.

 

Un président au parcours exceptionnel dans les maladies rares

 

Carlo Incerti, le président non exécutif d’Azafaros, affiche plus de 30 ans d'expérience dans l'industrie biopharmaceutique, notamment chez Genzyme, pionnière dans les traitements des maladies rares génétiques, acquise pour plus de 20 milliards de dollars en 2011 par Sanofi, où il a ensuite occupé plusieurs postes de haut niveau. "Genzyme était une entreprise visionnaire, qui a su démontrer qu’il était possible de bâtir un modèle rentable autour d’innovations thérapeutiques ciblant des pathologies rares. Ce type de profil, avec une expertise très spécifique, est un vrai atout. L’équipe est capable de porter le projet jusqu’à la commercialisation, voire au-delà, ce qui est un point clé dans notre stratégie", souligne la dirigeante.

L’occasion de rappeler que la stratégie de Jeito Capital est à la fois double et flexible. D’une part, le fonds peut décider de vendre les biotechs dans lesquelles il investit à de grandes entreprises pharmaceutiques. Il a ainsi déjà réalisé plusieurs cessions d’envergure depuis sa création en 2018, telles que Neogene Therapeutics, son premier investissement, cédé à AstraZeneca en novembre 2022 pour un montant pouvant atteindre 320 millions de dollars. S’en est suivie la vente de HI-Bio à Biogen en mai 2024, pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars, puis celle d’EyeBio à Merck & Co. dans le même mois, pour un montant pouvant atteindre 3 milliards de dollars.

D’autre part, une particularité revendiquée par Jeito Capital réside dans son approche dite "hands-on", où le fonds s’engage activement aux côtés des sociétés biopharmaceutiques, en les accompagnant au-delà du développement clinique, jusqu’à la mise sur le marché, voire lors des premières étapes de la commercialisation. Cette approche inclut un soutien financier et stratégique, en mobilisant l'expertise de l'équipe pour naviguer dans les phases finales du développement, obtenir les autorisations de mise sur le marché et réussir le lancement commercial des traitements.

 

Deux sièges au board

 

Pour Azafaros, il est bien sûr prématuré de se prononcer sur l’option qui sera choisie. Toujours est-il que que la société basée à Naarden, aux Pays-Bas, figurait déjà parmi les cibles privilégiées de Jeito depuis un moment. "Nous suivions Azafaros depuis un certain temps déjà et avions eu plusieurs échanges avec l’équipe. Le lancement imminent de la phase 3 nous a semblé être le bon moment pour intervenir", indique la fondatrice de Jeito Capital. Signe de sa conviction particulièrement forte dans le potentiel d’Azafaros, Jeito a dirigé ce financement et deux membres de l’équipe rejoindront le conseil d’administration de la société de biotechnologie néerlandaise.

"C’est aussi un marqueur important de notre rôle dans cette opération, ajoute le Dr Rafaèle Tordjman. Nous intervenons à un moment clé, avec un produit en phase 3, pour des maladies rares pédiatriques particulièrement sévères, d’évolution potentiellement fatale. Elles affectent le système nerveux central, provoquant notamment des troubles moteurs graves comme les ataxies, des difficultés de déglutition pouvant entraîner des fausses routes, et donc des issues tragiques."

L’étude pivotale de phase 3, financée par ce tour de table, débutera avec la maladie de Niemann-Pick de type C, avant de s’étendre à d’autres indications, telles que les gangliosidoses GM1 et GM2. "Ce sont des maladies rares causées par un défaut enzymatique qui empêche l’élimination de certaines graisses toxiques dans les cellules ", explique Rafaèle Tordjman. " Elles font partie des maladies lysosomales ou des troubles rares du stockage lysosomal. "

En concurrence avec plusieurs autres entreprises ciblant ces pathologies, Azafaros dispose d’un avantage clé : "La molécule franchit la barrière hémato-encéphalique et atteint le système nerveux central, ce qui est essentiel pour traiter ces maladies neurologiques.". Cette barrière agit comme un rempart naturel qui protège le cerveau des substances potentiellement nocives circulant dans le sang. Rares sont les médicaments capables de la traverser.

 

Des estimations de ventes au-delà du milliard d'euros

 

Les indications thérapeutiques auxquelles Azafaros entend répondre correspondent typiquement à des besoins médicaux non satisfaits, ce qui justifie à la fois l’investissement de Jeito et les autorisations conditionnelles accordées par les autorités de santé. À la suite de résultats prometteurs dans les phases précoces du développement, notamment en termes de tolérance, nizubaglustat, la molécule développée par Azafaros, a obtenu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis et en Europe, ainsi que le statut de Fast Track outre-Atlantique.

Autant de signaux d’un fort intérêt des autorités sanitaires pour un traitement susceptible d’apporter un bénéfice tangible aux patients comme à la collectivité. Si la thérapie permettait, en cas de succès, de réduire les hospitalisations, d’alléger la charge pesant sur les aidants et d’améliorer la qualité de vie des malades, elle pourrait justifier une valorisation compatible avec l’effort consenti – et ainsi asseoir la viabilité économique de ce type de recherche.

Ainsi, bien que les pathologies ciblées soient relativement rares, le potentiel commercial est très significatif. "Rien qu’avec les trois premières indications, le pic de ventes pourrait dépasser le milliard d’euros.", indique Rafaèle Tordjman.

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