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Stellantis avance sur la voie étroite de son redressement / La marge suit des tendances contraires en Amérique du Nord et en Europe

Le constructeur automobile a fait progresser sa marge opérationnelle à l’échelle mondiale et réduit ses pertes au troisième trimestre. Les avancées sont contrastées selon les régions, tandis que le retour à une génération positive de trésorerie restera à concrétiser en 2027.
28/10/2026 - 14:00
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, prend la parole lors de la troisième journée de l'événement Wave by Vento à Turin, en Italie, le 9 octobre 2026. (Photo : Mauro Ujetto / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, prend la parole lors de la troisième journée de l'événement Wave by Vento à Turin, en Italie, le 9 octobre 2026. (Photo : Mauro Ujetto / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Stellantis améliore ses performances, sans que toutes les difficultés ne soient derrière lui. Mais les marchés l’entendent : alors que son titre est en recul d’environ 58 % depuis le mois de janvier, le constructeur automobile est en tête du palmarès du CAC 40 mercredi, en progressant de plus de 8 % à 4,02 euros en début d’après-midi, après avoir dévoilé ses résultats trimestriels.

Les grandes tendances géographiques ayant influencé l’évolution de ses revenus, entre les mois de juillet à septembre, avaient déjà été expliquées lors de la publication de ses livraisons du troisième trimestre il y a quelques semaines. En Amérique du Nord, le recul des volumes lié à des arrêts de production prévus a tiré le chiffre d’affaires à la baisse, à hauteur de 3 %. L’Europe a quant à elle profité d’une progression de ses volumes, à la faveur d’un bond des ventes de véhicules électriques. Les revenus en Amérique du Sud ont progressé grâce à des volumes stables et des effets de change positifs, tandis qu’ils marquent le pas au Moyen-Orient et en Afrique, ainsi qu’en Asie-Pacifique. Au total, le chiffre d’affaires net de Stellantis a légèrement grimpé de 1 % sur un an, pour atteindre 37,6 milliards d’euros.

 

Dynamiques divergentes

 

Ce sont donc surtout les autres indicateurs financiers du groupe qui étaient attendus. La perte nette s’est réduite à 453 millions d’euros, soit une amélioration de 90 % sur un an. Une évolution qui reste toutefois à mettre en perspective avec les charges exceptionnelles enregistrées l’année dernière en raison du « reset » stratégique du groupe. Le résultat opérationnel courant est passé de 90 millions d’euros au troisième trimestre de 2025 à 256 millions d’euros sur la même période de 2026. La marge opérationnelle est, quant à elle, ressortie à 0,7 %, soit une hausse de 50 points de base sur un an.

En Amérique du Nord, marché qui constitue un point d’attention particulier, elle repasse dans le vert : à 0,4 %, elle a grimpé de 340 points de base sur un an grâce à un effet prix favorable et aux réductions de coûts, en dépit de livraisons en recul de 12 %. Stellantis indique, par ailleurs, que la gestion des stocks fait l’objet d’un suivi étroit dans la région et que ceux-ci devraient atteindre, en décembre 2026, un niveau similaire à celui de fin 2025.

En Europe, première région en termes de volumes de livraisons, la marge opérationnelle s’affaisse de 340 points de base sur un an et se retrouve en territoire négatif, à - 2,2 %. Il s’agit de la seule région où elle n’est pas positive. En cause : une forte pression sur les prix et le bond de la part des véhicules électriques dans le mix de ventes, moins rentables que d’autres motorisations. Le constructeur y a aussi perdu des parts de marché, à hauteur de 60 points de base pour s’établir à 14,8 % (le recul est limité à 15,6 % en incluant Leapmotor). Stellantis souligne toutefois les évolutions favorables attendues du cadre réglementaire comme l’un des leviers de croissance à venir. La France et l’Allemagne ont notamment trouvé une position commune sur le « Made in Europe », dans le cadre de l’Industrial Accelerator Act, tandis que les discussions visant à introduire davantage de souplesse autour des objectifs d’électrification à l’horizon 2035 se poursuivent.

 

Quatre milliards d’euros de cash consommés

 

Stellantis met en avant l’amélioration de ses performances opérationnelles, qui s’est traduite par une hausse de 300 millions d’euros de son free cash-flow industriel. Mais dans l’ensemble, le groupe a consommé 4 milliards d’euros de trésorerie au troisième trimestre. Il s’attend à ce que son free cash-flow industriel redevienne positif l’année prochaine.

« Au cours de ce trimestre, nous avons continué à progresser dans la mise en œuvre initiale de notre plan FaSTLAne 2030, en lançant de nouveaux produits, en accélérant le développement de nos partenariats comme prévu, et en réalisant des améliorations significatives dans les domaines de la fabrication et de la qualité. Parallèlement, notre programme de création de valeur est monté en puissance rapidement, avec des contributions positives déjà constatées au cours du trimestre, et nous sommes en bonne voie pour mettre en œuvre au moins 40 % des gains d’efficacité annuels, d’un montant total de 6 milliards d’euros, d’ici la fin de l’année », a commenté Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, à l’occasion de la publication. Dans ce contexte, l’entreprise confirme ses perspectives annuelles : une croissance de son chiffre d’affaires à un rythme situé dans le milieu de la fourchette à un chiffre, une progression de sa marge opérationnelle dans le bas de cette même fourchette, ainsi qu’une amélioration de ses cash-flows industriels (incluant une sortie de 1,6 milliard d’euros liée au paiement des charges du deuxième semestre de 2025).

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