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La Fed plus bullish que jamais

Lors de sa dernière réunion de politique monétaire en janvier, la Réserve Fédérale a relevé ses prévisions de croissance. Elle croyait déjà de plus en plus au rebond de l’inflation, qui a fait flamber les Treasuries au moment où l'Etat américain va s'endetter de plus en plus en raison des déficits abyssaux.
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Il n’y a pas que les marchés qui étaient particulièrement euphoriques en ce début d’année. Lors de sa réunion de politique monétaire, la dernière sous la présidence de Janet Yellen, la Fed a décidé de relever ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019, et les minutes publiées mercredi montrent qu’elle était enthousiaste sur l’expansion économique et la portée de la réforme fiscale. « Une majorité de participants ont noté que des prévisions de croissance économique plus fortes augmentaient la probabilité qu’un resserrement monétaire progressif puisse être approprié », peut-on ainsi lire dans les minutes.

Si la Réserve Fédérale s’est réunie avant les derniers chiffres de l’emploi de début février, qui ont montré de fortes hausses de salaires et causé quelques séances de correction sur les marchés, elle avait déjà anticipé cette tendance. « Presque tous les participants » voyaient ainsi l’inflation grimper vers son objectif de 2% à « moyen terme », étant donné que la croissance « est restée au-dessus de sa moyenne et que le marché du travail est solide ». Depuis, la pression sur les salaires s’est matérialisée en janvier, avec une hausse des salaires horaires de 2,9% en moyenne annuelle en janvier et une augmentation surprise de 0,5% de l’indice de prix des consommateurs. Et le taux de chômage a encore reculé et établi un plus bas depuis 17 ans, à 4,1%.

Ce ton volontairement agressif, pour une Fed habituellement très accommodante, peut facilement s’expliquer. En janvier dernier, l’institution était confrontée à un dilemme car les marchés actions pulvérisaient des records historiques, les taux à long terme reculaient régulièrement et le dollar s’affaissait, alors même que la banque centrale avait commencé son resserrement monétaire et à réduire la taille de son bilan. Les investisseurs ne semblaient pas avoir intégré un rythme dynamique de hausse des taux, notamment en raison d’une inflation durablement moribonde. Désormais, ils sont de plus en plus conscients d'un paysage économique "bullish", qui pourrait même justifier quatre hausses de taux cette année, contre les trois actuellement anticipées par la Fed.

Mais le gouvernement Trump a obtenu une victoire majeure en passant la réforme fiscale, soit plus de 1 500 milliards de dollars de réductions d’impôts pour les sociétés américaines. Et le Congrès vient de voter au début du mois l’augmentation de 300 milliards de dollars des dépenses fédérales sur les deux prochaines années. Ces mesures, ainsi que le plan d’infrastructure défendu par le Président américain, ont toutes les chances de booster la croissance et l’inflation américaines, et de faire reculer encore davantage le chômage. Mais tout cela a un coût : le déficit budgétaire devrait atteindre 1 000 milliards de dollars en 2019. L’Etat américain devra emprunter encore davantage, dans une période où les Treasuries à 10 ans ont atteint un plus haut de 4 ans, à 2,94% et où la Fed, en pleine cure d’amaigrissement, pourra acheter de moins en moins de titres d’Etat.


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