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Sur les marchés
Les prêts "covenant-lite" au plus haut depuis 2007 en Europe
La compétition féroce que se livrent les banques européennes pour mettre leur bilan au travail et accompagner les entreprises dans leurs projets de M&A a conduit à un allègement notable des conventions de crédit. Preuve de l’emballement du marché de la dette, des prêts « covenant-lite » ont même refleuri en Europe, alors qu’ils étaient réduits à portion congrue depuis la faillite de Lehman Brothers.
Ainsi, douze entreprises européennes ont emprunté 13,8 milliards d’euros de prêts à des conditions allégées depuis le début de l'année selon Dealogic, notamment sur les ratios seuils de dette par rapport à l’Ebitda ou aux fonds propres, qui pourraient entraîner un bris de covenants et enclencher la renégociation des conditions du prêt. La France fait figure de locomotive, puisque la plus grosse opération de l’année a été le prêt de 4,5 milliards d’euros contracté par Numericable et sa maison-mère Altice, pour le rachat de SFR à Vivendi. Autre corporate français à avoir dégainé : le groupe pharmaceutique vétérinaire Ceva Santé Animale a emprunté 818 millions d’euros pour restructurer sa dette en mars, en plein process de cession. Trois mois plus tard, c’est le fonds de Singapour Temasek qui a repris 20% du capital sur une valorisation de 1,3 milliard d’euros, soit plus de 13 fois l’Ebitda de la cible, dont une dette de 7 fois l’Ebitda.
Si le deuxième plus gros deal est le refinancement du chimiste britannique Ineos, déjà détenteur d’une dette covenant-lite, pour 3 milliards d’euros, le podium est complété par un autre LBO : le rachat du groupe allemand de packaging Mauser, pour 1,2 milliard d’euros. Les prêteurs ont accordé une dette équivalente à 6,5 fois l’Ebitda alors même que les sponsors avaient dû remettre 25 millions d’euros de new money en 2009, afin d’éviter un bris de covenants. Des niveaux de leverage comparables à ceux de 2007 et qui conduit certains opérateurs à considérer que le marché est entré dans une bulle.
Au total, les prêts covenant-lite ont servi aussi bien à refinancer les sociétés (35%) qu’à financer des acquisitions (33%) ou des LBO (24%), ce qui montre bien l’appétit des prêteurs pour ces opérations, malgré les risques qu’elles comprennent.
Barclays a d’ailleurs été la banque la plus proactive sur ce créneau depuis le début de l’année, selon Dealogic : elle revendique une part de marché de 17%, devant Credit Suisse (11,3%) et Bank of America-Merrill Lynch (11,1%).
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