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exclusif Pourquoi Lagardère est-il puni?

EXCLUSIF. Le groupe de médias a largement sous-performé ses pairs en 2011, en raison d'inquiétudes injustifiées sur la publicité et Canal Plus. Le rebond est à jouer.
Le titre Lagardère est un peu le vilain petit canard du CAC40 depuis le début de l'année: il a perdu près de 20%, contre une hausse proche de 5% pour le CAC 40. Les raisons de cette désaffection paraissent exagérées. Si bien que certains analystes conseillent de jouer le rebond. Une récente note revient ainsi sur l'ampleur de la déroute boursière du groupe de médias, qui sous-performe largement ses pairs et les indices généraux depuis le début de l'année. Le stub médias de Lagardère, c'est-à-dire l'agrégat boursier des seules activités médias hors EADS, a chuté de 28% en 2011, contre une stabilité de l'indice médias (DJStoxxMedia). Il se rapproche donc de son plus bas de mi-2010, avant l'annonce de la cession des magazines internationaux. Ce stub sous-performe même les diffuseurs TV, qui ont vu leurs perspectives publicitaires nettement revues en baisse. L'analyste considère pourtant que Lagardère a un profil d'activité nettement moins cyclique, où la publicité ne représente qu'environ 6% de son chiffre d'affaires. Par conséquent, le titre Lagardère s'échange sur des multiples particulièrement faibles : 4,6 fois l'Ebit 2011 si l'on retraite ses participations dans Canal+ France et EADS, contre 9 fois en moyenne pour les titres médias. Ce mouvement peut s'expliquer par trois sources d'inquiétudes pour les investisseurs. Tout d'abord, une possible dégradation structurelle des résultats de Lagardère Publishing, l'activité d'édition sombrant dans le même marasme que la production musicale. Ensuite, une rentabilité nettement inférieure aux prévisions de l'activité Sports (Unlimited), en raison de moindres revenus publicitaires. Enfin, les investisseurs attendent Lagardère au tournant, lors de l'IPO de ses 20% dans Canal+ France, qui pourrait se faire à un prix inférieur aux attentes. Mais l'analyste indique que, même en matérialisant une baisse de 50% de l'EBITA des divisions Lagardère Publishing et Unlimited d'ici à 2015, ainsi qu'une cession de la participation de Canal+ France à 700 millions d'euros (contre 1,1 milliard attendu par le consensus), la valorisation tomberait à 25 euros, soit seulement 12% de moins que le cours actuel. C'est pourquoi le marché semble avoir aujourd'hui une vision trop pessimiste du groupe, dont le titre pourrait rebondir facilement de plus de 20%. En attendant le verdict de l'IPO de Canal + France à l'automne.
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