Les "cocos" toujours controversés
EXCLUSIF.
Les obligations convertibles en actions sous certaines conditions sont débattues dans le cadre le cadre de la réforme prudentielle.
Les cocos ne cessent de faire débat au sein de la communauté financière. Derrière cet acronyme (pour "contingent convertible bonds") se cachent des obligations convertibles en actions dès que la banque qui les a émises a passé un certain seuil de solvabilité.
Le régulateur suisse a marqué son intérêt pour ces produits. Ils pourraient permettre aux banques de traverser des crises majeures, sans que l'Etat et les contribuables aient à mettre la main au portefeuille. Le comité de Bâle lui, doit encore décider si ces titres pourraient faire partie du capital réglementaire, exigé par la réforme prudentielle. Il pourrait se prononcer en juin.
Les cocos restent très critiqués. Les analystes peinent à déterminer leurs avantages à partir du moment où le marché est quasi-inexistant. Pour l'instant, peu d'établissements se sont risqués sur ce segment. Les pionniers ont été Rabobank et Lloyds, avec des produits plus ou moins comparables. Pour remplacer sa dette hybride qui n'est plus comptabilisée dans le capital réglementaire, Crédit Suisse a émis pour 2 milliards de dollars d'obligations le mois derniers et a rencontré une demande plus de dix fois supérieure pour ces titres convertibles en actions si le ratio core Tier one de la banque passe sur la barre de 7%.
Le patron de la banque UBS qui, d'après les analystes n'a pas besoin d'autant de dette hybride que ses consoeurs, n'est pas de cet avis. Au début du mois, il avait déclaré dans le Financial Times que les cocos pouvaient être très dangereux. Son argument est simple, dès que la solvabilité de la banque s'approcherait du seuil déclencheur de la convertibilité des obligations en actions, les actionnaires pourraient être tentés de vendre leurs titres, de peur d'être dilués au capital.
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